Microfinance

Le microcrédit ne marche pas, selon Esther Duflo

La microfinance ne marche pas, selon Esther Duflo

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°837

Les nouvelles frontières de l'assurance

La conclusion peut paraître surprenante au regard de ses préoccupations en faveur de la réduction de la pauvreté, mais pour Esther Duflo, professeur au MIT qui vient de recevoir le prix Nobel d’économie avec ses collègues Abhijit Banerjee et Michael Kremer, le microcrédit ne marche pas. Esther Duflo a développé une méthode de recherche en micro-économie en menant des expériences de terrain avec « évaluation par échantillonnage aléatoire », en comparant les résultats d’un groupe ayant bénéficié d’une action avec un autre n’ayant rien reçu. Ses travaux entendent donner des bases scientifiques sur ce qui marche (ou pas) en termes de politiques économiques à destination des pauvres.

Via ces expériences, Esther Duflo veut répondre à des préjugés sur la pauvreté, notamment que les pauvres seraient des « paresseux » qui utiliseraient l'aide à mauvais escient. Autre préjugé : « Les pauvres ne sont pas tous des entrepreneurs qui s’ignorent. » « On voit cela avec l’échec des programmes de microcrédit dont 200 à 300 millions de personnes ont été bénéficiaires. On a pu montrer, contexte après contexte et expérience après expérience, que les microcrédits n’ont eu aucun effet sur la vie réelle des gens. La prémisse selon laquelle tous les gens qui empruntent du microcrédit vont s’en servir pour commencer un petit business formidable et sortir de la pauvreté, cela est faux. Parce que ce n’est pas ce que veulent la plupart des gens, ils veulent simplement un vrai travail et de la sécurité », affirmait Esther Duflo en juin 2018 lors d’une conférence sur les pièges à pauvreté. D’après ses résultats, disposer d'un crédit ne suffit pas à se lancer dans l’entrepreneuriat.

 

 

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