Crédit Immobilier de France : le syndrome Northern Rock

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Revue Banque n°749

Les agences de notation : en finir avec l'oligopole

Depuis le sauvetage de Northern Rock par l’État britannique, le modèle de banque spécialisée et dépendant majoritairement des marchés financiers pour se refinancer a du plomb dans l’aile. Le Crédit Immobilier de France (CIF) est en train d’en faire les frais. Depuis début mai, l’enchaînement des faits est implacable : menacé d’une forte dégradation par l’agence Moody’s, la banque, capitalistiquement indépendante, n’obtient pas la certification de ses comptes pour l’exercice 2011. Cela pousse les régulateurs de marché à interdire la cotation de ses titres de dette et met sous forte pression l’établissement, de facto menacé par la crise de liquidité redoutée par Moody’s. Cette dernière dégrade alors la note de solidité financière du CIF, jugeant que « son business model n’est plus viable ». Le bon niveau de solvabilité du groupe, souligné par l’ACP, n’y changera rien : l’indépendance de la banque a vécu. Son émetteur d’obligations sécurisées a ainsi indiqué avoir « pris acte de la décision du groupe de faire évoluer son modèle économique, désormais fortement mis en cause par les agences de notation. » Reste à trouver un partenaire bancaire auquel s’adosser. Mais dans un contexte de course à la liquidité, le rachat d’une banque sans dépôts n’est pas la priorité des acteurs du marché.

 

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