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L’Asie stimule la croissance mondiale des paiements non cash

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°813

Zone euro, union bancaire… Qu’attendre de l’ère Macron ?

La fin du cash est-elle en train de s’écrire en Asie ? Les derniers chiffres compilés par Capgemini [1] tendent à le suggérer. Si les paiements scripturaux ont progressé de 11,2 % au niveau mondial sur la période 2014-2015, ce chiffre bondit à 43,4 % dans les pays d’Asie émergente et même 63,2 % en Chine. « Les habitudes de paiement des usagers chinois passent directement du cash au mobile, reflétant la solide croissance de l’e- et du m-commerce », note ainsi le rapport qui s’attend à une croissance de plus de 30 % par an dans les années à venir jusqu’à ravir la première place aux États-Unis sur le podium des juridictions utilisant le plus les moyens de paiement scripturaux. Les prestataires de services de paiement chinois ne se cantonnent d’ailleurs plus à leurs frontières : Alipay est disponible dans de plus en plus de magasins en Europe, à ce stade pour les voyageurs chinois, et sa maison mère, Ant Financial, est depuis plusieurs mois en pourparlers avec l’administration américaine pour racheter le spécialiste du transfert d’argent Moneygram. Quant à Tencent, l’autre « GAFA chinois », il lorgne sur l’autre marché très prometteur de la région, l’Inde, déjà investi par un acteur local en forte croissance, Paytm. Pour autant, le cash a encore de beaux jours devant lui, même en Chine où les paiements digitaux sont encore peu répandus dans les zones rurales. De même, l’action publique, qui pousse pour l’inclusion des populations dans la finance formelle, pourrait être contrebalancée par une régulation plus exigeante des prestataires de paiement.

 

[1] World Payments Report 2017, en partenariat avec BNP Paribas.

 

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