Cet article appartient au dossier : ENASS Papers 12.

ENASS Papers 12 : éditorial

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Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°352

ENASS Papers 12

Possédant une richesse considérable, tant au niveau des métiers, des talents que des technicités, l’assurance change de visage, se transforme, tout comme la société qu’elle représente et qu’elle accompagne. À l’instar des numéros précédents, ce 12e opus des ENASS Papers témoigne de la variété du secteur et de ses transformations, entre activités traditionnelles, événements récents et enjeux liés au numérique. Cette richesse vient également du croisement de points de vue parfois différents ou complémentaires. Professeurs, élèves et professionnels du secteur se sont penchés sur des thèmes forts, divers, originaux, permettant ainsi d’ouvrir et de nourrir le débat, face aux grands défis qui attendent l’assurance : la maîtrise et l’analyse des flux de données, la réglementation et la conformité, la transformation profonde des activités et de la chaîne de valeur.

Côté technique, Charlotte Jézéquel montre que le management du risque appliqué au monde agricole joue un rôle grandissant : certes, la mise en œuvre en 2016 du contrat dit « socle » s’avère pour le moment trop peu efficace face aux catastrophes climatiques récentes, mais l’apport de technologie permet de nouveaux modes de transfert du risque et d’indemnisation. Roxane Romero revient sur un secteur devenu particulièrement sensible au risque : celui du spectacle au sens large. Jusqu’à présent mineurs, les besoins d’assurances spécifiques augmentent, devant l’ampleur des événements qui change la nature même du risque. Muy-Lang Lim s’attaque quant à elle à un dossier particulièrement sensible : celui des perspectives des caisses de retraites des professions libérales, devant les ambitions de prise en main par la CNAV, alors même que la loi Sapin 2 relance l’idée des fonds de pension à la française. De son côté, Cassandra Villagomez présente une analyse technique du retirement des épaves maritimes, à l’heure de l’explosion des coûts engendrés par la taille des navires et de l’intervention croissante des Pouvoirs Publics.

Côté actualités, selon Domitille Godouet, l’articulation entre les deux moments de l’assurance complémentaire santé (vie active et retraite) n’est pas optimale, alors que la loi Evin reste insuffisante : des recommandations sont apportées, alors que les conditions tarifaires et les garanties ne sont pas satisfaisantes. Édith Bocquaire, en anglais dans le texte, étudie comment est traitée la question de la dépendance des personnes âgées en Europe et quelles offres d’assurance complètent les dispositifs publics. Thibault Blouin revient sur la multiplicité et le développement de garanties spécifiques liées aux cyber-risques et montre que le processus conduisant à la signature d’un contrat permet un diagnostic approfondi du système d’information de l’entreprise, où le rôle de conseil de l’assureur permet en partie de gérer des risques nouveaux, tel le risque de réputation. Philippe Picagne apporte sa vision franco-londonienne pour analyser les conséquences du Brexit, en montrant que l’assurance européenne résistera globalement bien au départ des assureurs anglais. Si le tableau des compagnies est contrasté, il reste à appréhender les risques macroéconomiques. Maurice Truffert présente la réforme du droit des contrats, suite à l’ordonnance 131 du 10 février 2016, et ses implications sur les contrats d’assurance. Patrick Thourot, dans sa traditionnelle chronique Solvabilité 2, coanimée avec Philippe Morin, revient sur les nouveaux territoires de la réglementation financière, la réglementation de la distribution, l’émergence de la réglementation des fonds de pension et la perspective d’un « Solvabilité 3 » ouverte par la Commission et le G20. Enfin, deux articles relatifs au Big Data ouvrent le débat par leur conclusion différente : alors que Catherine Koch-Struss, Sandrine Rousselin et Benoît Lamarsaude estiment que l’adoption du Big Data par les assureurs, au-delà des incertitudes et des risques, reste la seule alternative possible, Pierre-Charles Pradier revient sur les limites du traitement et du culte de la donnée.

La qualité et la variété des articles proposés montrent la pertinence des travaux conduits et traités, la compétence des élèves et l’implication des enseignants : c’est le gage de qualité de nos formations, qui s’attachent à attirer et former les meilleurs profils, favoriser la montée en compétence professionnelle, participer à l’excellence de l’insertion professionnelle, élever l’esprit et les débats.

 

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