Finance décalée

La crise financière inspire le 7e art

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°742

Numéro double : Rétrospective 2011- Prospective 2012

En 2011, pas moins de trois films traitant des conséquences sociales de la crise financière sont sortis sur les écrans :

  • Le chômage tout d’abord avec, en mars, Ma part de gâteau de Cédric Klapisch. Le film met en scène une ouvrière qui perd son emploi. Reconvertie en femme de ménage, elle se retrouve au service, comme elle l’apprendra plus tard, du trader sans scrupule qui, entre la City et la Défense, a provoqué la fermeture de son entreprise. Le film s’achève sur la traque du trader par les chômeurs anciens collègues de la femme de ménage, bien décidés à en découdre avec le représentant du grand capital…
  • Le harcèlement moral ensuite : De bon matin de Jean-Marc Moutout, sorti en octobre, verse dans un registre tragique. Un chargé de clientèle d’une banque, en désaccord avec la position de son établissement qui cherche à minimiser les effets de la crise des subprime, quitte à mentir aux clients, se voit poussé sur une voie de garage par son management, qui estime qu’il n’est pas assez productif. Il finit par perdre pied, tuant ses deux supérieurs hiérarchiques avant de se suicider.
  • Enfin le surendettement : Toutes nos envies de Philippe Lioret, sur les écrans en novembre 2011, relate le combat d’une magistrate qui, de jugement en appel, puis en cassation, cherche à aider une femme en situation de surendettement, en contrant les puissantes sociétés financières qui lui ont consenti crédit sur crédit. L’histoire se double d’un drame personnel, la magistrate étant atteinte d’un cancer incurable.

Manifestement, la crise ne fait pas rire ; les réalisateurs ont tous choisi le registre du réalisme social et dénoncent une finance cynique et sans scrupule. E. C.

 

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