Economie

Royaume-Uni : retour de la croissance

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°778

Collecte de l'épargne : la délicate machinerie des banques

La croissance de 1,7 % en 2013 au Royaume-Uni pourrait dépasser légèrement 3 % cette année, quatre fois plus que la zone euro, près de 50 % de plus que les États-Unis, et rester proche de 3 % en 2015. Les services, dont l'activité a gagné 2,6 % sur trois trimestres, et la construction (+3,3 %) ont été sensiblement plus dynamiques que la production manufacturière (+2,4 %). Ni celle-ci ni le commerce extérieur, dont la contribution à la croissance ne décolle pas du fait de la faiblesse du commerce mondial, d'une appréciation de la livre en termes effectifs réels (23 % depuis 2008) et de la destruction de capacités consécutive à la grande récession, ne sont à l'origine de la reprise. La politique monétaire accommodante, avec une base monétaire multipliée par 7 depuis 2007, a permis le maintien de taux longs bas (tombés de 5 % à 1,5 % avec la crise, ils s'établissent à moins de 2,5 % actuellement), a favorisé le jeu de l'effet de richesse avec des prix de l'immobilier en hausse de plus de 12 % sur 2 ans, sans parler du redressement de la Bourse. Tout cela a stimulé la baisse du taux d'épargne, passé de 11 % en 2011 à 6,4 % l'an dernier. Par ailleurs, la consolidation budgétaire a marqué le pas. Le déficit budgétaire structurel, ramené de 7,4 % en 2010 à 4,4 % l'an dernier, atteindrait 5 % en 2014 selon les projections de la Commission européenne. L'amorce d'une normalisation de la politique monétaire devrait néanmoins rester très prudente. L'inflation s'est modérée, à 1,2 % en septembre (2,6 % l'an dernier), malgré une contraction d'un output gap négatif (-3,1 % en 2012, -0,8 en 2014) et un net recul du taux de chômage (6 % l'été dernier) qui se rapproche du plein-emploi. En fait, la progression des salaires reste très maîtrisée (1,6 % attendu cette année après 2 % en 2013), la hausse des coûts unitaires du travail se modère (0,6 % après 1,5 % en 2013 et 2,4 % en 2012), du fait également d'une légère accélération des gains cycliques de productivité. La hausse de l'emploi (2,1 % après 1,3 % en 2013) n'a pas affecté les salaires avec la poussée du nombre des auto-entrepreneurs (+42 % depuis 2008 à 4,4 millions). À cela s'ajoute une accalmie sur le plan des prix de l'immobilier : 5,6 % en glissement annuel en octobre (9,6 % en août) selon les données de Halifax.

Quelques points noirs demeurent : le déficit budgétaire reste loin du niveau qui stabiliserait le ratio d'endettement, le déficit commercial perdure à quelque 6 points de PIB.

 

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