Économie

Le risque inflationniste et comment le couvrir

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Revue Banque n°737

Liquidité : les grandes manoeuvres

Une accumulation de facteurs peut aujourd’hui faire craindre une résurgence de l’inflation. D’une part, des déficits publics exceptionnels dans la plupart des pays développés atteignent des niveaux proches de ceux que l’on a connus au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Bon nombre de gouvernements risquent fort d’être tentés, comme par le passé, de s’accommoder d’un peu d’inflation pour financer leur dette avec des taux réels légèrement négatifs. D’autre part, des pressions accrues du côté des prix des matières premières font aujourd’hui à nouveau s’interroger sur la manière la plus efficace de protéger son portefeuille contre le risque d’inflation.

Malheureusement, la réponse n’est pas simple, et la présence de changements de régimes économiques vient encore compliquer la donne. En effet, les propriétés de couverture contre l’inflation des différentes classes d’actifs, loin d’être stables dans le temps, ont été fortement impactées par les conditions macroéconomiques. Dans les années 1970-80, marquées par une forte volatilité macroéconomique et des chocs inflationnistes contracycliques (chocs d’offre), l’inflation a eu un effet négatif sur les marchés actions, et une couverture relativement efficace aurait été atteinte avec un portefeuille investi en monétaire (les banques centrales ajustant finalement leurs taux directeurs en suivant les évolutions de l’inflation) et en obligations indexées à l’inflation. Dans les années 1990 et 2000, au contraire, les chocs économiques ont été de beaucoup plus faible ampleur (c’est la « grande modération ») et l’inflation plutôt procyclique (chocs de demande), les obligations nominales ont exceptionnellement bien performé (elles ont bénéficié du mouvement exceptionnel de désinflation) et un portefeuille contenant une grande proportion de ces obligations assorties à des matières premières et un peu d’actions aurait couvert au mieux l’inflation. Mais à quel régime macroéconomique peut-on s’attendre à l’avenir ? Si la période de grande modération semble toucher à sa fin, comme en témoigne la récente augmentation de la volatilité macroéconomique, rien ne permet d’assurer que l’on retournera dans un régime similaire à celui des années 1970-80. La nature des chocs économiques pourrait en effet être très différente.

 

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