Change et taux

Fed : une annonce trop précoce ?

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Revue Banque n°808

Temps réel : quand le paiement devient instantané

La publication, début avril, des minutes du dernier Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale a surpris : elles ont révélé que la banque centrale était prête à réduire, dès la fin de l’année, la taille de son imposant portefeuille – 4 250 milliards de dollars début avril – de titres obligataires.

Cette annonce, que beaucoup n’attendaient pas si tôt, est-elle le prélude à un durcissement plus rapide de la politique monétaire ? Cela est peu probable. D’abord, il n’est pas question pour la Fed de vendre les titres qu’elle détient, mais seulement de ne pas remplacer – en partie ou en totalité – ceux qui arriveront à échéance. Surtout, la banque centrale a pris soin de le préciser dans ses minutes, la politique de non-réinvestissement est, comme aujourd’hui l’évolution de son taux directeur, conditionnelle à l’état de l’économie : si demain la croissance déçoit, la Réserve fédérale n’hésitera pas à reporter sa décision.

Mais alors, pourquoi ne pas avoir attendu, pour préciser ses intentions, quelques mois encore que le flou sur la politique budgétaire du nouveau président américain ne se dissipe ? En « engageant », pour un temps au moins, le Comité sur la voie d’une réduction « passive » et « prévisible » de la taille de son bilan, elle a sans doute cherché à réduire un peu l’incertitude liée à un éventuel changement d’orientation du Comité qui pourrait résulter des cinq nominations qui doivent intervenir d’ici mi-2018… et en particulier du remplacement de sa présidente dont le mandat prendra fin le 3 février prochain.

 

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