Cet article appartient au dossier : Pour une finance durable.

Pour une Europe solidaire : la mise en œuvre d’Europe Active

Après l'avoir présidé de 2008 à 2010, Karol Sachs travaille activement au développement de la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives (FEBEA). En partenariat avec 22 organismes financiers de 11 pays européens rassemblés au sein de la Fédération, il œuvre aujourd’hui à faire vivre « Europe Active », un nouveau projet destiné à améliorer la lutte contre la pauvreté et le chômage.

 

L'auteur

Association internationale sans but lucratif, la FEBEA a été co-fondée en 2001 à Bruxelles par 6 institutions financières européennes dont le Crédit Coopératif et la Caisse Solidaire Nord Pas-de-Calais, côté français, mais aussi les institutions Hefboom et Credal en Belgique, TISE en Pologne, et Banca Etica en Italie. Ils ont été rejoints rapidement par la NEF en France et la Bank Fur Sozialwirthschaft, en Allemagne.

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°294

Pour une finance durable

Créée en 1988 en partenariat entre la Caisse des Dépôts et Consignations, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, la Fondation de France et les mutuelles d’assurance (dont la MACIF), France Active est devenue incontournable dans le paysage français de l’alter-banque. À l’époque de sa création, l’objectif était de réagir à une brusque montée du chômage par le financement de la création d’emplois d’insertion. Aujourd’hui, le projet est de transformer l’« essai français » en action européenne en lançant « Europe Active », en partenariat avec les banques membres de la FEBEA. La conférence de lancement du projet Europe Active, organisée par la FEBEA et le Comité économique et social européen (CESE), s’est tenue à Bruxelles, fin novembre 2010.

Cette conférence a permis de rassembler les acteurs socio-économiques majeurs du monde de l’économie sociale et solidaire, de la finance éthique, des institutions et des réseaux européens. L’objectif de la FEBEA est de souligner l’impact crucial des initiatives d’inclusion sociale sur l’emploi et la création d’activités économiques dans tous les pays de l’Union européenne ; un des leviers de la relance du marché unique de l’UE pourrait consister à mettre en place un cadre favorable à leur essaimage et à leur financement.

Un débat politique

2010 était l'année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. La FEBEA et tous ses membres ont donc voulu s’affirmer comme partenaires de tous ceux qui aspirent au changement et mettent leurs outils économiques, financiers et solidaires au service d’une Europe active et solidaire.

Pour ce faire, la FEBEA a publié un Atlas des bonnes pratiques, recensement positif de réalisations concrètes, financées à la fois par l’argent public et privé, apportant la preuve qu’une alternative à la distribution de minima sociaux était possible.

L'aide à l’entrepreneuriat offre un retour sur investissement très rapide pour les finances publiques. En France, par exemple, pour 1 euro investi en insertion sociale par le travail, les finances publiques récupèrent, sous forme de prélèvements sociaux, impôts et TVA, un peu plus de 2 euros, dès l’année suivante. Quels investissements privés assurent un tel retour sur investissement ?

Rendez-vous en septembre

La deuxième conférence européenne se déroulera à Cracovie les 7 et 8 septembre 2011, pendant la présidence polonaise de l’UE et sous le haut-patronage du président de la République de Pologne. La FEBEA, avec l’appui du ministère polonais du Travail et des Affaires sociales, entend porter le débat au niveau politique :

  • pour demander que les sommes allouées au budget de la Commission pour l’action sociale soient inscrites durablement et ne fassent plus l’objet de variables d’ajustement du budget communautaire. Cette demande sera accompagnée d’une proposition de création d’un instrument financier à vocation européenne, dont le nom de code est « European Social Investment Fund », qui permettra de développer l’investissement social et l’économie sociale en Europe ;
  • pour adresser au Conseil européen, au nom d’Europe Active, un ensemble de mesures favorisant la cohésion sociale et le développement des financements éthiques et solidaires encourageant les initiatives en ce sens. Le Conseil européen sera encouragé à entamer le processus pouvant permettre la mise en place à l'échelle européenne, de politiques d’insertion par la création d’emplois et favoriser le développement de la finance éthique et sociale ;
  • pour demander que le Parlement européen et les parlements nationaux prennent des engagements précis, afin de rendre pérenne cette politique active d’inclusion sociale par la création d’emplois ;
  • pour attirer l’attention sur les réglementations mises en place par le Comité de Bâle, qui, de par sa composition, échappent au contrôle des instances démocratiquement élues. Les mesures de Bâle II ont rétréci le marché bancaire pour les initiatives sociales et le projet Bâle III ne fera qu’accentuer cette tendance. Il faut donc interpeller les autorités monétaires européennes et le Comite de Bâle, les encourager à créer des conditions favorables au développement de la finance éthique et sociale. L’idée d’un « Community Reinvestment Act » à l’européenne pourrait également être examinée et encouragée.
 

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