Gestion collective

Retrouver une dynamique

Encours sous gestion

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L’année 2012 devrait afficher un peu plus de 750 milliards d’euros en gestion collective en ne prenant en compte que les fonds de droit français commercialisés en France. Ce résultat est en légère progression par rapport à 2011 en raison d’une belle tenue des marchés tout au long de l’année. Le CAC 40 devrait afficher une progression de plus de 10 % sur l’année, à l’instar des Bourses mondiales.

Si les performances sont au rendez-vous, ce n’est pas encore le cas des souscriptions nouvelles. L’année se termine une fois de plus avec des rachats supérieurs aux souscriptions. La déception est encore plus forte si l'on ne prend en compte que les fonds de placements à moyen et long terme, excluant les produits de taux ou garantis : la défiance des investisseurs y est encore plus sensible, avec une décollecte nette qui devrait dépasser les 20 milliards d’euros.

Elle touche tous les acteurs. Bien sûr, les réseaux bancaires et les sociétés d’assurance enregistrent des rachats significatifs, mais les sociétés indépendantes sont également dans le rouge. La profession dans son ensemble n’arrive plus à convaincre et les investisseurs désertent la gestion collective pour d’autres types de placement. L’immobilier reste, en dépit des perspectives économiques et fiscales moins favorables, toujours aussi attractif. La collecte 2012 en SCPI sera encore une fois exceptionnelle. Par ailleurs, l’aversion au risque des ménages français rencontre une attention très forte auprès des banquiers, avec des offres séduisantes en termes de comptes et de livrets plus ou moins garantis et défiscalisés. Ceci conduit à une structure de l’épargne financière des ménages inadaptée à leurs besoins de long terme (retraite) et au financement de l’économie en particulier des PME.

Une question de commercialisation

Ce désamour pour les Sicav et les FCP trouve son origine dans le contexte de crise financière qui a démarré en 2007 aux États-Unis. Ceci étant, les comparaisons internationales mettent en lumière la difficulté du modèle français à s’adapter aux changements de paradigmes économiques. D’après le baromètre de Lipper-FMI publié chaque trimestre dans le Financial Times, la France détient le triste record d’avoir enchaîné 13 trimestres consécutifs de décollecte sur les fonds d’actions ou d’obligations. Les encours sous gestion pour ces fonds risqués la place au niveau de la Suisse ou de la Suède, et à la moitié des encours du Royaume-Uni. Plus proche de la dynamique des pays du sud de l’Europe (Italie, Espagne…), elle a de plus en plus de mal à rivaliser avec les pays du nord de l'Europe (Royaume-Uni, Suisse, Suède, Finlande, Norvège…), lesquels ont vu jusqu’à une période très récente leurs encours sous gestion continuer de croître. Depuis le début de la crise de 2007, les encours sous gestion sont restés stables en Europe, mais la France a perdu près de 200 milliards d’euros.

La profession a longtemps cherché à relativiser les problèmes, en invoquant l’impact de la crise, de la réglementation et des décisions politiques, quand ce n’était pas les sempiternelles jérémiades sur l’aversion au risque des Français ! Or la décollecte est majoritairement concentrée sur les réseaux bancaires, pointant ainsi la question de la commercialisation. La crise est avant tout une crise de la distribution des fonds, plus que de l’offre elle-même. Face à ce constat, les ténors du secteur misent dorénavant sur les investisseurs institutionnels et sur l’international.

À l’exception de BNP Paribas, en 2012, les grands réseaux bancaires sont en décollecte sur les fonds risqués et compensent plus ou moins sur les produits de taux courts (trésorerie, trésorerie dynamique…). La situation n’est pas meilleure pour les assureurs. Seuls certains spécialistes arrivent à tirer leur épingle du jeu. Si une centaine d’entreprises sont en collecte nette en 2012, deux sociétés concentrent près de 50 % des souscriptions nouvelles : Carmignac Gestion et Oddo Asset Management. Les performances des fonds de ces sociétés ne sont pas exceptionnelles et n’expliquent pas à elles seules l’engouement des investisseurs. Ces résultats sont le fruit d’une politique commerciale et de communication de longue date ciblée vers les distributeurs tiers.

 

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