Pouvoirs Publics

Le ministère des Affaires étrangères soutient la gestion française

Essentielle au développement de l’économie française, l’industrie de la gestion d’actifs mérite le soutien des Pouvoirs Publics. Elle a les qualités nécessaires pour attirer les investisseurs internationaux. Le ministère des Affaires étrangères met tout en œuvre pour aider cette industrie, notamment grâce à son réseau d’ambassades.

L'auteur

  • Agnès Romatet-Espagne
    • Directrice des entreprises, de l’économie internationale et de la promotion du tourisme
      Ministère des affaires étrangères

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°354

Gestion d'actifs : un moment stratégique pour la Place de Paris

Les chiffres sur la gestion d’actifs en France parlent d’eux-mêmes : les Asset Managers français et européens sont une composante indéniable – et méconnue – de l’attractivité de notre territoire. L’industrie de la gestion française est au tout premier plan au niveau européen, avec près de 3 600 milliards d’euros d’encours gérés (soit 1,5 fois le PIB français), dont 1 700 milliards d’euros en fonds d’investissement et 1 900 milliards d’euros en mandats. Notre offre est diversifiée, notre expertise forte sur toutes les classes d’actifs et le tissu industriel très dynamique (650 sociétés de gestion dont plus de 200 créations sur les cinq dernières années).

Par ailleurs, ils opèrent sur une Place également très robuste :

  • profondeur exceptionnelle du marché des emplois sur tous les métiers de la finance ;
  • compétitivité des infrastructures (les dealing rooms, les back- et front-offices, le règlement-livraison, les activités dites « postmarché ») ;
  • créativité d’une FinTech qui fournit des bataillons de mathématiciens et d’informaticiens ;
  • internationalisation croissante ;
  • place privilégiée pour les Bourses africaines ;
  • leader dans les accords d’investissement en pays tiers ;
  • alignement de l’offre française pour les émissions obligataires sur celle de Luxembourg.

Sans compter que Paris est aussi la capitale de la « régulation économique », sachant que l’OCDE, les chambres arbitrales ou encore l’ESMA y sont domiciliées.

Sans autoriser la complaisance, ce constat est plutôt encourageant. La concurrence des places sur cette activité était déjà féroce et le sera encore plus dans un contexte post Brexit. Se pose dès lors la question de savoir ce que le Quai d’Orsay et singulièrement la direction des entreprises, de l’économie internationale et de la promotion du tourisme peuvent faire pour contribuer à renforcer cet écosystème déjà bien structuré et, surtout, à en faire connaître les atouts.

Cette question appelle trois considérations :

  • les Pouvoirs publics, aux côtés des partenaires privés, peuvent répondre aux enjeux du marché de la gestion d’actif à travers quelques propositions et recommandations ;
  • ces réponses ne sont pas nécessairement suffisantes face aux défis du Brexit ;
  • il faut par conséquent réinventer de nouveaux modèles afin d’être encore plus performant, en gardant à l’esprit l’impératif de transparence et de sécurisation de l’information.

Attardons-nous tout d’abord sur trois des spécificités du marché de la gestion d’actifs aujourd’hui :

Consolidation du marché et mega deals

Première spécificité : ce marché fortement morcelé a besoin de se consolider. Comme dans toute industrie, lorsque les rendements et les taux d’intérêts s’étiolent pour se stabiliser bien en dessous de ce qu’ils étaient quelques années auparavant, les clients deviennent plus exigeants sur les commissions perçues par les Asset Managers. Lorsque ces derniers doivent faire face à une compétition toujours plus agressive (des régulations contraignantes mais ô combien nécessaires et des marchés souvent trop volatils), il leur faut trouver une autre voie, soit celle des économies d’échelle, soit des opérations de fusion-acquisition visant le rachat de leurs concurrents ou de nouveaux entrants, les deux se combinant le plus souvent.

Cette stratégie de croissance et d’économie d’échelle ne date pas d’hier : le rapprochement, en janvier 2010, des filiales du Crédit Agricole et de la Société générale pour créer le groupe Amundi a permis de réduire les coûts de 120 millions d'euros, dont la moitié en coûts informatiques. Une année auparavant, le britannique Barclays avait vendu sa division Global Investors pour plus de 13,5 milliards de dollars au groupe américain BlackRock, devenu depuis le numéro un mondial du secteur.

Or il semblerait que la consolidation du marché soit encore loin d’être terminée. Pour preuve, les futurs mega deals telles la vente de Pionner Asset Management, encore sous le giron italien d’Unicredit, ou bien, celle du britannique Source actuellement détenu par le fonds américain Warburg Pincus. La consolidation du marché de la gestion d’actifs et les stratégies de croissance externe sont donc au cœur des préoccupations des principaux gestionnaires d’actifs mondiaux.

Abondance des liquidités… bonne allocation des actifs

La seconde principale spécificité du marché de la gestion d’actifs concerne la relative « abondance » des liquidités en provenance à la fois de nos voisins européens, des nord-américains mais aussi de l’ensemble des pays développés et émergents qui souhaitent placer au mieux leurs actifs financiers. Encore faut-il que ces investisseurs internationaux puissent comprendre et connaître nos marchés locaux mais aussi être convaincus que nos entreprises françaises de gestion d’actifs sont bien des leaders mondiaux dans leurs domaines. Ces deux composantes (abondance de liquidité et besoin de bien allouer les actifs des investisseurs) représentent une extraordinaire et unique opportunité pour notre pays.

Les exemples de collaborations entre les grands fonds souverains du monde entier et les Asset Managers européens sont multiples. Pour sa part, la direction des entreprises du Quai d’Orsay s’efforce de les faciliter, avec l’objectif de susciter une « vraie création de valeur » sur notre territoire pour les clients et les investisseurs qui souhaitent diversifier leurs actifs en Europe. Il n’est certainement pas de mon ressort de les orienter vers tels ou tels fonds indiciels côtés, trackers, ou vers de la gestion « active ou directe ». En revanche, il est de mon ressort de faire connaître, aux fonds souverains notamment, l’industrie française de la gestion dont les atouts sont encore trop méconnus. Notre réseau mondial des Ambassadeurs, les chefs des services économiques sur lesquels ils s’appuient et également l’opérateur Business France sont les relais indispensables de cette diplomatie de la pédagogie. Les acteurs privés français doivent aussi être à l’initiative et proposer des formations et du conseil à destination des comités de direction de ces fonds.

Épargne-retraite paneuropéenne

La conception de solutions d’épargne pour la retraite est la troisième principale spécificité du marché de la gestion d’actifs, compte tenu de la démographie européenne. En effet, en raison du vieillissement de la population en Europe, les facteurs rendements et les facteurs risques ne sont plus les mêmes.

Les professionnels de la gestion d’actifs en France insistent pour créer des plans d’épargne-retraite collective ou individuelle, afin de les drainer vers l’économie réelle, les PME, les ETI mais aussi vers les infrastructures. Les Assets Managers peuvent eux aussi contribuer au financement de l’économie, aux côtés des banques.

Mais ces nouvelles sources de financement ne seront pérennes que si elles sont stables, orientées vers une « vraie création de valeur à long terme », respectant de nouvelles contraintes environnementales et bien évidemment garantissant une sécurisation maximale des avoirs. C’est à cette condition que les Pouvoirs publics favoriseront l’orientation de l’épargne-retraite.

En nous appuyant sur ces spécificités de la gestion d’actifs française, nous pouvons encore mieux répondre aux enjeux du marché européen tous ensemble, partenaires privés comme publics, en nous concentrant sur trois fondamentaux.

Faire de la pédagogie

Il s’agit d’abord de fournir un effort de pédagogie renforcé ; en effet, dans un marché mondial extrêmement compétitif, l’enjeu des prochains mois sera de continuer à convaincre les investisseurs internationaux de l’excellence de nos Asset Managers.

L’attractivité de notre territoire est une des priorités du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). Tout le réseau diplomatique se mobilise pour vanter nos forces, nos atouts, nos talents. Cependant, nous ne mettons pas encore systématiquement en avant la force de la gestion d’actifs ou du capital investissement français (qui est pourtant le premier marché du venture capital de la zone euro). Il faut donc multiplier les occasions de promotion de notre industrie de la gestion à l’international.

Ma direction y contribue déjà en partie, au travers par exemple de l’organisation avec la direction générale du Trésor et Business France de l’événement « le mois de l’investissement en France » dont la deuxième édition s’est déroulée au mois d’octobre dernier dans plus de 70 pays, avec la présence de certains ministres. Cette initiative vise à promouvoir l’attractivité française à travers la diffusion de chiffres et de messages clés auprès des principaux investisseurs, décideurs et journalistes économiques des principaux pays. Elle avait déjà l’an dernier touché plus de 2 000 décideurs économiques et journalistes dans une cinquantaine de pays.

Les Ambassadeurs ont relayé cette année des messages plus ciblés, insistant sur les atouts de Paris, capitale financière de la zone euro. Les chiffres sur la gestion d’actifs française étaient bien évidemment mis en exergue. L’AFIC et l’AFG étaient invitées à s’associer à cette opération, parce que leurs membres sont les meilleurs ambassadeurs de l’industrie de la gestion.

Attirer les fonctions stratégiques

Second axe fondamental : attirer les fonctions stratégiques pour renforcer nos sociétés de gestion.

Le référendum britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a donné une nouvelle acuité à cette mission :

  • d’un côté, les entreprises basées à Londres, que ce choix a rendu perplexes, ont besoin de visibilité ;
  • de l’autre, nous devons apporter des solutions concrètes à celles qui s’interrogent sur une éventuelle relocalisation de leur activité.

À ces entreprises (société de gestions, fonds d’investissement, etc.), nous disons que nous sommes disposés à les accueillir et que nous offrons des conditions particulièrement attractives. 40 milliards d'euros ont été consacrés à la baisse du coût du travail, à travers le dispositif du Pacte de responsabilité, dont la dernière tranche (5 milliards d’euros) sera versée en 2017. Les résultats sont là : le taux de marge des entreprises est supérieur à ce qu’il était en 2008. Cet effort sans précédent pour la compétitivité des entreprises sera poursuivi, avec notamment une baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,3 à 28 % pour les petites et moyennes entreprises, dans le cadre du projet de budget pour 2017.

Nous avons mis en place un guichet unique d'information pour accompagner très concrètement les entreprises dans leur choix d’implantation et pour leur faire bénéficier de l’appui nécessaire s’agissant des titres de séjour, de la scolarité des enfants, etc.

Les exonérations fiscales du régime des impatriés ont été allongées de cinq à huit ans. La prime d’impatriation est désormais exonérée de taxe sur les salaires. Par ailleurs, parce que l’attractivité est aussi une question globale, qui touche à l’éducation, à la culture, à la qualité de vie, le Gouvernement s’est engagé à accompagner les régions dont Paris Île-de-France pour construire des lycées internationaux.

Ces mesures bénéficient aux clients des Asset Managers français tout comme aux « boutiques » étrangères désirant s’implanter en France, ou aux sociétés de gestion françaises désireuses de recruter les meilleurs spécialistes internationaux.

Attirer aussi les meilleurs talents

Troisième objectif : attirer les talents. Notre capacité à innover dépend aussi de notre capacité à attirer toujours plus de talents en France. À la rentrée 2015, la France a dépassé le nombre de 300 000 étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur. Nous sommes le troisième pays au monde pour l’accueil des étudiants étrangers. Leur insertion professionnelle sur notre territoire a été également améliorée. C’est le sens de la loi relative à l’accueil des étrangers en France, votée en mars 2016, qui instaure un « Passeport talents », lequel facilite l’arrivée en France de hauts potentiels étrangers. Ce dispositif permettra aux entreprises de plus facilement accueillir des compétences venant de l’étranger. C’est très important pour une industrie comme la gestion d’actifs qui doit recruter des étudiants et nouveaux talents surdiplômés et hautement qualifiés.

Simplifier toujours plus

Quatrième axe d’amélioration : simplifier. Tout comme les professionnels de la gestion d’actifs encouragent leurs confrères à constamment simplifier les produits proposés, standardiser les offres, réduire les coûts et surtout apporter de la transparence dans l’information (condition pour avoir la confiance des épargnants), le gouvernement s’est engagé dans une simplification administrative de grande ampleur, au bénéfice des entreprises, des institutions financières mais aussi des sociétés de gestion. Un ensemble de mesures très concrètes a été pris à cet effet, notamment dans le cadre du Conseil stratégique de l’attractivité, présidé par le président de la République, pour rendre notre environnement économique plus favorable à l’investissement.

Ces mesures s’inspirent des préconisations de dirigeants d’entreprises étrangers invités à formuler leurs recommandations. Cela a permis l’adoption de mesures de simplification des procédures pour faciliter les échanges commerciaux et les formalités douanières, ou la circulation et l’entrée en France de salariés d’entreprises étrangères par exemple. Autre exemple : la loi Travail, adoptée définitivement le 21 juillet dernier, assouplit le droit du travail.

Quid du passeport européen ?

Nous avons la capacité humaine, matérielle, technique et éducative d’encaisser le choc du rapatriement et/ou de l’installation de grandes institutions financières, de fonds d’investissement et des équipes d’Asset Managers. Mais quid du passeport européen ?

La directive AIFM (à la différence de la directive UCITS) prévoit que le régime de passeport intra-européen (qui exclut les investisseurs particuliers) pourrait être étendu aux pays tiers par décision de la Commission européenne, rendue après avis de l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA). Au mois de juillet 2016, l’ESMA a publié une opinion relative à l’extension du passeport AIFM aux douze pays tiers suivants : Suisse, Jersey, Guernesey, Canada, États-Unis, Hong-Kong, Singapour, Australie, Bermudes, Îles Cayman, Île de Man. Les autorités françaises s’étaient opposées à toute extension du passeport AIFM aux pays tiers, notamment vers ceux ne bénéficiant pas d’un bassin d’épargne suffisant, ce qui est le cas en particulier pour Jersey et Guernesey, ainsi que les États-Unis dont l’égal accès au marché (absence de réciprocité) n’est pas garanti à ce jour.

S’agissant du Brexit, si aucun accord n’était trouvé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni à l’issue de la procédure prévue à l’article 50 du Traité sur l’Union européenne, ce dernier deviendrait un pays tiers. On pourrait imaginer que le Royaume-Uni cherche à s’assurer au cours des prochains mois que les conditions posées pour l’obtention du passeport pour pays tiers ne soient pas trop strictes. Dans ce contexte, le statut de pays tiers peut devenir un enjeu de négociation.

Mais que peut-on faire de plus pour rendre notre place encore plus attractive dans un contexte post-Brexit ou être plus efficace ? Je vois quatre pistes de travail.

Nos marchés voisins… et lointains

Première piste : il me paraîtrait judicieux de nous concentrer en priorité sur nos marchés voisins ainsi que de bien segmenter les différents marchés que nous souhaitons toucher. Qui investit en France ? En grande majorité les pays de l’OCDE (95 %), les États-Unis en numéro un. Mais les investisseurs restent très majoritairement européens, avec au premier rang le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, l’Italie et l’Espagne, même si la part des investisseurs émergents augmente. Démarcher les principaux investisseurs chez nos partenaires voisins devient donc une priorité. Le réseau diplomatique peut aider à identifier de nouveaux investisseurs, voire contribuer au renforcement des relations de haut niveau déjà existantes. Nous avons déjà commencé cet exercice en mettant en lien nos Ambassadeurs avec monsieur Jean-Louis Laurens, « ambassadeur » de la gestion d’actifs françaises. Nous mettons à disposition de l’Association française de gestion (AFG) tous nos contacts dans les différentes ambassades. Dans certains pays du Golfe ou dans certains pays émergents, l’assistance du réseau diplomatique est un plus indéniable pour établir une relation directe avec les décideurs.

L’initiative FROG : une réponse adaptée au Brexit

Seconde piste intéressante : l’initiative FROG (French Routes and Opportunities Garden) a été lancée conjointement par l’AMF et l’AFG avant même le référendum sur le Brexit. Elle a permis une remise à plat de pratiques réglementaires pour plus d’efficacité (affichage des frais, classification facultative, précommercialisation confirmée, création de la division FinTech…), mais aussi de créer un esprit de corps entre les acteurs de la Place (sociétés de gestion de portefeuille, associations professionnelles, dépositaires, sociétés de bourse, régulateur…) autour d’un diagnostic commun et d’une stratégie collective.

Plus globalement, FROG va contribuer au renouvellement du discours de Place à un moment particulièrement opportun avec l’aide de l’AMF, de l’AFG, de l’industrie. Mes équipes ont essayé de participer à l’ensemble des discussions et nous continuerons d’apporter notre soutien aux futurs rencontres, événements et forums qui permettront de porter les messages de FROG :

  • rendre le discours de place moins défensif, en l’alignant sur les pratiques commerciales plus offensives du Luxembourg ou de la City ;
  • être plus ouvert à la recherche systématique de grands investisseurs institutionnels étrangers susceptibles de choisir la France ;
  • conduire un travail de pédagogie renforcé, y compris au niveau national ;
  • démontrer concrètement que la gestion française est au moins aussi compétitive que ces principaux challengers européens ;
  • promouvoir des outils innovants, tels que la création d’un code ISIN européen en .eu ou le développement d’un modèle de Plan d’épargne personnel pan-européen, destiné à relever le défi démographique du continent.

Inventer de nouveaux partenariats

Une troisième proposition que les Asset Managers français pourraient endosser afin de se différencier de leurs compétiteurs internationaux serait d’inventer de nouveaux modèles ou partenariats avec des acteurs corporate, indutriels et stratégiques.

Je suis convaincue qu’il faut davantage fédérer les acteurs financiers et les acteurs industriels, corporate et stratégiques reconnus pour leur savoir-faire technologique, afin de répondre ensemble à des appels d’offres étrangers et des grands projets internationaux.

La réponse ne peut pas venir des seules banques et institutions financières. Il faut davantage d’implication des Asset Managers français dans ces partenariats afin de faire progresser globalement l’industrie de la gestion en Europe ou ailleurs dans le monde.

Inspirons-nous des partenariats conclus entre investisseurs stratégiques (les grands énergéticiens, industriels…) et investisseurs financiers anglo-saxons (fonds de private equity, Asset Managers) qui fonctionnent plutôt bien. Ils permettent de financer certains secteurs d’activité qui ont parfois du mal à lever des fonds, comme c’est le cas par exemple dans le secteur des énergies renouvelables, où les démonstrateurs industriels et les sociétés de tailles moyennes ont du mal à passer le cap de Licorne. Ces partenariats sont très appréciés des fonds souverains à la recherche de rendements et de nouveaux débouchés industriels innovants.

Verdir les actifs

Quatrième et dernière recommandation, l’industrie de la gestion doit participer à la « verdisation de la finance ». Les nouveaux modèles doivent être exemplaires en matière d’investissements responsables et d’actifs « verts ». Les différentes initiatives concernant les Portfolio Decarbonization Coalition [1] vont dans ce sens. Les grands fonds souverains norvégiens l’ont parfaitement compris. La France possède un extraordinaire écosystème en matière d’énergies propres et renouvelables et des industriels leaders mondiaux dans ce domaine. Nous émettons un nombre très important de green bonds chaque année et la force de frappe de nos sociétés de gestion est incomparable. La bonne combinaison de ces ingrédients devrait nous aider à aborder sereinement les défis du post Brexit.

 

[1] La Portfolio Decarbonization Coalition a été créée sous l’égide des Nations Unies et rassemble des acteurs ayant pris des mesures concrètes pour réduire leur exposition au risque carbone et favoriser l’échange de bonnes pratiques.

 

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Gestion d’actifs: un moment stratégique pour la Place de Paris

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