Ressources humaines

Observatoire et GPEC : une complémentarité en action

L'auteur

Revue de l'article

2013 verra la mise en œuvre dans les établissements bancaires de l’accord de branche AFB sur la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC) du 3 novembre 2011, signé par trois organisations syndicales.

Cet accord constitue le référentiel d’action qui manquait à la branche, qui s’était déjà dotée d’un outil lui permettant d’anticiper les conséquences des évolutions quantitatives et qualitatives des emplois, en créant le 8 juillet 2005 l’Observatoire des métiers, des qualifications et de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la banque.

La rencontre de ces deux démarches ouvre la porte à une réflexion prospective des métiers, c’est-à-dire à une méthode exploratoire de l’avenir, dans un contexte de grande mutation.

Deux indicateurs

La GPEC a pour objet de faciliter l’anticipation des besoins d’évolution et de développement des compétences, tant pour les salariés que pour les entreprises.

L’accord du 3 novembre 2011 précise d’entrée le cadre de son action. Il instaure deux indicateurs clés qui doivent guider les partenaires sociaux : les emplois sensibles et les métiers en tension. La notion d’emploi sensible permet d’identifier les fortes variations tant quantitatives (hausse ou baisse des effectifs) que qualitatives visant la variation d’activités ou de compétences mises en œuvre. Les métiers en tension recouvrent les métiers présentant de réelles difficultés de recrutement.

Depuis sa création, l’Observatoire des métiers est parvenu à constituer une base de données sociales et d’informations très significatives (contours statistiques des emplois de la branche, études transversales et thématiques, études métiers [1]…). Il est donc prêt à apporter sa contribution active à la mise en œuvre de l’accord GPEC du 3 novembre 2011. Il peut s’appuyer sur le balisage des outils individuels et collectifs recensés dans l’accord.

Un regard ciblé et à chaud

Les premiers travaux ont porté sur la définition d’une méthodologie. Une photographie de l’existant (analyse du passé et du présent) marque le point de départ d’un constat partagé. Il reste aujourd’hui à dépasser cette étape, dans un processus participatif d’élaboration de futurs possibles. Ces travaux communs devront éclairer les décisions du présent et mobiliser les moyens nécessaires à l’engagement d’actions communes.

Le contexte économique actuel dans lequel les banques évoluent est devenu mouvant en raison des contraintes et des incertitudes qui pèsent sur son avenir (impact des réglementations, crises, concurrence mondiale parfois faussée…). Autant de sujets d’inquiétude qui traversent les principaux facteurs d’évolution (conjoncturels, technologique, réglementaires, organisationnels…) qui agissent sur le devenir des métiers de la banque et, à terme, des emplois dans leur ensemble. L’activité de la BFI vient de subir les premiers contrecoups de la crise actuelle et son redéploiement est en cours. L’étude menée en 2012 par l’Observatoire au regard des impacts de la réglementation de Bâle III sur les métiers des salariés des banques confirme, de ce point de vue, l’intérêt d’un regard ciblé et à chaud.

Deux leçons peuvent être tirées de cette étude :

  • l’incapacité à descendre dans le détail affiné de l’impact au niveau de l’activité et des compétences ne doit pas faire oublier l’éclairage instructif sur les tendances qui se font jour ;
  • le délai de réactivité de mise en œuvre et de conclusion des études doit être rapide et adapté au rythme d’apparition des crises qui se profilent.

 

[1] Voir le site Internet de l'Observatoire de la banque : www.observatoire-metiers-banque.fr.

 

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