Mutuelles

L’ORSA comme outil de décision prospective

Créé le

04.05.2015

-

Mis à jour le

11.05.2015

Les sociétés du secteur de l’assurance ont réalisé, à compter du 24 septembre 2014 et en vue de la préparation à l'entrée en vigueur de la directive Solvabilité 2 (1er janvier 2016), les premiers exercices d'évaluation interne des risques et de la solvabilité. Dans cet article sont étudiés les apports et limites de ces exercices de prospective stratégique, d'inspiration normative et fondés sur les cartographies des risques stratégiques ainsi que sur une analyse par scénarios de type stress-test.

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) définit l’ORSA (Own Risk and Self Assessment) – ou évaluation interne des risques et de la solvabilité – de la manière suivante : « L’ORSA est un processus interne d’évaluation des risques et de la solvabilité par l’organisme (ou le groupe). Il doit illustrer la capacité de l’organisme ou du groupe à identifier, mesurer et gérer les éléments de nature à modifier sa solvabilité ou sa situation financière. Aussi, sa déclinaison opérationnelle en fait-elle un outil stratégique de premier plan [1] ».

À la lecture de ces éléments décrivant l’ORSA, prenant place dans le cadre du pilier 2 de la directive Solvabilité 2 (exigences qualitatives), plusieurs constats et un questionnement.

En premier lieu, il s’agit d’une démarche prospective pour chaque acteur du secteur assurance soumis à la directive européenne Solvabilité 2. En d’autres termes, il est question d’envisager les futurs possibles pouvant impacter un assureur [2] en lien avec ses anticipations stratégiques et les actions opérationnelles mises en œuvre pour décliner cette stratégie.

En second lieu, on constate qu’avec une telle mesure, les autorités de tutelle européenne et nationale (respectivement EIOPA et ACPR pour la France) vont plus loin dans leur démarche de contrôle sectoriel. Il s’agit bien de passer d’une régulation sectorielle fondée sur l’auto-contrôle et le reporting des assureurs au régulateur, sur la base d’éléments de preuve à un instant donné, à une approche du contrôle s’apparentant davantage à de la supervision. On parle alors de supervision dans le sens où l’assureur devra désormais fonder sa prise de décision stratégique sur la base d’une analyse véritablement prospective décrivant l’impact d’une décision stratégique sur la solvabilité et la santé financière de l’entreprise. Il s’agit de répondre ici à des questions en fin de compte assez simples : une décision stratégique remet-elle en cause fondamentalement l’avenir de l’assureur ? quel est l’impact de ladite décision sur la réalisation du modèle d’affaires de la société [3] ? À titre d’illustration, il s’agit d’envisager par exemple l’impact sur la solvabilité de l’assureur de décisions telles que l’abandon d’un projet stratégique de changement de système d’information, la décision de rapprochement avec une entité concurrente et/ou partenaire, le choix de se développer sur une nouvelle activité, de renoncer à un partenariat historique, de tenter d’anticiper la dégradation de la situation financière du fait de nouvelles réglementations ou encore de chercher à savoir dans quelle mesure des risques majeurs de type pandémie ou catastrophes naturelles dégraderaient la solvabilité de l’entreprise, etc.

On dépasse donc, dans la philosophie de l’ORSA, l’idée d’un contrôle régulier à une date donnée. Cette perspective de contrôle annuel, voire semestriel, existe, mais elle doit être complétée par des ORSA occasionnels à déclencher en cas de décision engageante pour l’assureur, dès lors qu’il y a un impact significatif sur la solvabilité de la société.

Il s’agit d’aller plus loin en considérant ces exercices comme un vrai processus, fondé sur des outils d’aide pour la décision et répondant à des questions là encore assez claires de type : quel est le coût pour l’assureur à prendre ou à ne pas prendre une décision ? jusqu’à quand est-il possible de ne rien faire ? peut-on s’engager sur une nouvelle voie sans compromettre l’avenir de l’entreprise ? La réponse à ces questions se fait en soumettant, preuve à l’appui, la prise de décision stratégique à une vraie analyse d’impact de type stress-test.

Au-delà de ces premiers constats sur les objectifs escomptés de l’ORSA, cela nous amène à une question essentielle : cette démarche institutionnalisée par la réglementation prudentielle prochainement applicable est-elle une aide pour des assureurs confrontés à de multiples risques majeurs (environnements économiques, réglementaires et fiscaux changeants, événements de types catastrophes naturelles ou pandémies, crises financières, vagues de sinistralités, risque de non-conformité majeures, etc.) ? Nous nous proposons de répondre à cette problématique en nous fondant sur des retours d’expérience issus du secteur mutualiste français, secteur pour lequel cette problématique nous semble particulièrement cruciale.

Introduction de la démarche prospective par Solvabilité 2

L’article 45 de la directive européenne Solvabilité 2 précise que, dans le cadre de son système de gestion des risques, chaque assureur ou réassureur doit mettre en œuvre une démarche d’évaluation interne des risques et de la solvabilité, laquelle comporte trois éléments :

  • une évaluation du respect permanent des exigences de capital (l’assureur respecte-t-il le minimum de capital requis et le capital de solvabilité requis, calculés préalablement dans le cadre de la réponse au pilier 1 de la directive) ;
  • une évaluation du besoin global de solvabilité de l’assureur (compte tenu de son exposition aux différents risques [4] techniques, de souscription, risques financiers, risques de catastrophe et risque opérationnel notamment [5] ) ;
  • une évaluation de la déviation du profil de risque (face à différents scénarios de survenance de risques majeurs, l’assureur doit démontrer sa capacité à rester solvable et à réagir face à différents chocs ou stress-test l’affectant).
Sur le plan organisationnel, l’assureur doit prévoir des procédures internes précisant le cadre dans lequel ces évaluations sont réalisées. Il s’agit notamment de réaliser une évaluation périodique dans le cadre des exigences de reporting au régulateur. De plus, l’assureur doit prévoir la réalisation d’exercices d’évaluation interne de sa solvabilité, dits « occasionnels », compte tenu des évolutions de sa stratégie commerciale et de la prise de décisions stratégiques. Il s’agit de prendre en compte toute décision impactant significativement son profil de risque (articles 45-4 et 45-5 de la directive Solvabilité 2). L’enjeu est de pouvoir démontrer la capacité de l’assureur à garantir sa solvabilité en évaluant l’impact des décisions stratégiques sur cette dernière. L’évaluation interne des risques et de la solvabilité est donc conçue comme un outil de pilotage au service de la prise de décision pour les membres de la gouvernance et non uniquement comme un exercice de reporting réglementaire et prudentiel.

Au-delà de l’exigence réglementaire

Au-delà des éléments réglementaires précités, quelle interprétation faut-il faire en termes d’objectif poursuivi par la démarche ORSA ? Certains auteurs y répondent de manière claire, en insistant sur la dimension prospective et stratégique de l’ORSA. Les trois évaluations précitées (respect permanent des exigences de solvabilité, besoin global de solvabilité, déviation du profil de risque) sont en fin de compte des instruments au service de l’analyse stratégique et à la disposition des dirigeants. Ils doivent permettre à la gouvernance des sociétés d’assurance de questionner leur stratégie, d’étudier plus en détail les impacts d’environnements externes ou internes pouvant la remettre en cause et d’anticiper les actions clés à mettre en œuvre. Cela suppose certains prérequis, comme le rappellent certains auteurs (Guibert et al., 2014) :

  • avoir une compréhension et une vision claire du niveau d’appétence et de tolérance au risque de l’assureur (servant à définir le profil de risque) : quels sont les risques que l’on accepte, et dans quelles limites qualitatives (risque à ne pas prendre) et quantitatives (montant de perte maximum que l’on accepterait de subir) ?
  • avoir identifié (et donc savoir identifier) en amont les principaux risques stratégiques et financiers pouvant affecter l’entreprise : du risque sur les actifs, au risque de liquidité-trésorerie en passant par des risques opérationnels à forte dimension financière telles que les pertes pouvant découler d’un projet stratégique non mené à bien (Darsa, 2011) ;
  • avoir une vision de l’ensemble des coûts directs et indirects à prendre en compte dans l’étude des cas pouvant affecter de manière significative la solvabilité de l’assureur et dans la détermination des actions pouvant garantir cette dernière. Cela suppose de pouvoir qualifier et quantifier les différentes catégories de coûts associés au risque : coût de l’autofinancement du risque, coût des abandons de projets ou d’activités jugées trop risqués, coût des sinistres, coût des dispositifs de maîtrise du risque et fonctions en charge de l’administration du système de gestion globale du risque, coût des transferts de risque (Jousse, 2009 ; Darsa, Dufour, 2014) ;
  • pouvoir envisager l’imprévisible pour « ramener le hors limite dans les limites » (Méric et al., 2009), à l’appui des « actions de management » comprises dans la démarche ORSA. Ces actions doivent permettre à l’assureur de retrouver rapidement sa solvabilité après un choc significatif l’ayant détériorée (quelles sont les actions prévues suite à une chute forte des marchés actions ou obligations ? quel est le plan d’action de l’assureur pour pallier une sinistralité aggravée liée à plusieurs catastrophes majeures ?, etc.).

ORSA : une approche prospective

Une telle démarche s’inscrit en substance dans la philosophie prospective fortement déclinée dans les pays anglo-saxons [6] ainsi qu’en France, sous l’égide de l’école française de prospective [7] (Godet, 2000, 2007). Cette approche prospective de la stratégie d’entreprise a pour dessein de favoriser l’anticipation et répond en substance aux questions suivantes : pourquoi anticiper le changement ? comment le faire ? comment maîtriser les changements ? « Pas de prospective sans rétrospective » nous dit encore Michel Godet. « Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu'elles ne deviennent évidentes » explique encore Théodore Levitt [8] . Cette philosophie est ainsi empreinte des composantes suivantes :

  • anticipation : elle consiste à avoir une vision de l’environnement passé, présent et futur. Il s’agit encore de dégager les incertitudes majeures, les tendances probables, les événements à survenance vraisemblable, les points sujets à controverse. Elle se base sur un diagnostic précis, une analyse chiffrée afin d’éclairer l’avenir par des outils précis et une démarche rigoureuse ;
  • appropriation : il est ici question d’une démarche de réflexion collective, l’appropriation par le groupe (la gouvernance, son comité de direction, ses managers intermédiaires, etc.) permet l’anticipation favorable à l’action. Cette composante est donc centrale dans la démarche prospective. Une appréhension par les différentes parties prenantes de l’organisation permet ainsi de favoriser une démarche d’organisation apprenante ;
  • action : anticiper le risque et y réfléchir collectivement constitue le socle de base d’une bonne préparation des actions à mettre en œuvre au sein des entreprises. Une fois les deux étapes précitées amorcées, l’action en est la suite logique, celle-ci est donc d’autant plus efficace et pertinente qu’elle a été préparée collectivement et qu’elle se veut anticipatrice. Les différents acteurs concernés et impliqués sont-ils clairement au courant du « qui fait quoi » en cas de choc affectant l’assureur ?
Sans être exhaustif, le Tableau 1 résume les éléments clés de la démarche ORSA à prendre en compte ainsi que les freins et leviers associés à l’instauration d’une telle démarche. Cela étant posé, cette approche fortement empreinte des exercices de prospective stratégique, d’inspiration anglo-saxonne, est-elle adaptée pour des structures telles que les mutuelles d’assurance ?

Cas d’application dans le secteur mutualiste français

La question de l’adaptation de la démarche ORSA se pose particulièrement pour les mutuelles d’assurance, pendant longtemps sur des positionnements produits-marchés affinitaires et faisant face à peu de concurrence. Le secteur de la mutualité est aujourd’hui soumis à de nombreuses ruptures stratégiques liées à l’environnement économique et réglementaire principalement : Solvabilité 2, contrats solidaires et responsables (et leur régime fiscal de faveur obligeant les assureurs santé à revoir leurs offres et leurs tarifications en profondeur), ANI [9] obligeant les mutuelles, à fort ancrage en santé et prévoyance individuelle, à se développer vers les offres en assurances collectives ou vers des segments de clientèles plus diversifiés : travailleurs non salariés (TNS), collectivités locales et populations fonctionnaires, TPE-PME, etc. ; augmentation structurelle des frais de gestion et recours plus poussé à la sous-traitance (délégation de gestion) et à l’intermédiation (courtage grossiste, courtage de niche, courtage expert etc.) en vue de capter ces nouveaux segments de clientèle. D’autres éléments peuvent encore affecter les mutuelles et justifient pour ces dernières le fait d’anticiper l’impact d’événements externes, internes, sur leur stratégie et leur solvabilité : renforcements de certains acteurs sur le marché de la santé (bancassureurs notamment), développement de stratégies digitales, poursuite et exacerbation des stratégies de croissance externes (fusions/absorptions entre mutuelles), risques de catastrophes (pandémie), risques financiers majeurs etc.

Face à ces nombreux éléments perturbants, les mutuelles, dont les modèles d’affaires sont historiquement stables, n’ont pas nécessairement dans leur culture la formalisation de telles prises de décisions stratégiques via des études d’impact qualimétriques (étude de l’impact d’une décision stratégique sur le plan de la solvabilité). Des démarches telles que l’ORSA doivent donc s’envisager de manière pragmatique, en se centrant sur la réalité de ces préoccupations stratégiques nouvelles et en privilégiant certains scénarios ainsi qu’un niveau de granularité et d’analyse détaillé suffisamment pragmatique pour être compris par les dirigeants et utilisé comme un support de prise de décision et non uniquement un reporting au régulateur. En somme, pour des mutuelles où la culture du management stratégique est encore récente, l’ORSA doit s’illustrer par de la pédagogie et du pragmatisme plus que par de la technicité et une analyse trop détaillée. « Il faut éviter la culture de la fausse rigueur sur l’ORSA et proposer des éléments tangibles et compréhensibles rapidement, sans quoi nous aurons échoué d’emblée sur l’esprit de la réglementation et nous cantonnerons à faire du reporting au régulateur » nous confie un directeur des risques à propos de l’ ORSA [10] .

L’apport de l’ORSA s’apprécie donc au regard du principe de proportionnalité : pour des mutuelles de taille moyenne, viser un niveau de complexité moindre que pour des acteurs de taille critique (principales SGAM, assureurs généralistes, bancassureurs, institutions de prévoyance, réassureurs, etc.) et une granularité moins détaillée dans l’analyse des scénarios et le choix des hypothèses. L’exercice ORSA doit rester parlant pour les dirigeants tout en répondant aux évaluations attendues par la réglementation et en ayant une utilité pour éclairer l’impact d’une décision stratégique sur la solvabilité d’une mutuelle.

« Connais-toi toi-même »

Apport du « connais-toi toi-même »: il n’y a de vent favorable que pour l’assureur qui sait où il va. En conclusion, et sans prétendre à l’exhaustivité, nous pouvons insister sur le fait que la démarche d’évaluation interne des risques et de la solvabilité (ORSA), bien que d’inspiration réglementaire, peut constituer une véritable occasion pour un assureur de se doter d’outils d’études d’impact des décisions prises. L’enjeu est double : s’assurer de la sécurisation de l’activité de l’assureur tout en ayant une vision de l’impact des décisions prises sur les équilibres techniques et financiers. Concernant les acteurs de faible taille ou ceux historiquement peu enclins à l’analyse stratégique, comme le montre le cas des mutuelles, cet apport est potentiellement significatif, sans tomber dans un excès de technicité et de combinatoire de scénarios et d’hypothèses.

En définitive, l’ORSA vise donc l’aide à la décision dans la même logique que les dispositifs d’Enterprise Risk Management (ERM), car il permet de sensibiliser la gouvernance sur les risques liés aux décisions ou événements à caractère stratégique et comprend un triptyque d’anticipation, d’appropriation et de passage à l’action.

 

Bibliographie
Darsa J-D. (2011), Risques stratégiques et financiers de l’entreprise, Gereso.
Darsa J-D. et Dufour N. (2014), Le Coût du risque : un enjeu majeur pour l’entreprise, Gereso.
EIOPA (2013), Guidelines ORSA, « Orientations relatives à l’évaluation prospective des risques propres », EIOPA CP-13/09.
Guibert Q., Juillard M., Nteukam Teuguia O. et Planchet F., (2014), Solvabilité Prospective en Assurance, Méthodes quantitatives pour l’ORSA, Economica.
Godet M., (2000), « La prospective en quête de rigueur, portée et limites des méthodes formalisées », Futuribles n° 249, janvier.
Godet M. (2007), Manuel de Prospective Stratégique ; tome 1 : une indiscipline intellectuelle, Dunod.
Jousse G. (2009), Traité de Riscologie, Imestra Editions.
Méric J., Solé A. et Pesqueux Y. (2009), La « Société du Risque », analyse et critique, Economica.

1 https://acpr.banque-france.fr/solvabilite2/orsa.html 2 Assureur, entendu dans une acceptation large, soit les entités portant les risques transférés par les assurés: mutuelles, assureurs généralistes, institutions de prévoyance, bancassureurs, réassureurs etc. 3 Parfois aussi qualifié de Business Plan ou d’anticipations stratégiques. 4 Aussi appelé « profil de risque », cette notion caractérise le niveau d’appétence et les limites de tolérance aux risques de l’assureur : quels sont les risques que l’assureur souhaite prendre, et jusqu’à quel seuil (quantitatif, qualitatif) souhaite-t-il aller en termes de prise de risque compte te nu de sa stratégie ? 5 Les actes délégués (JOUE, 17/01/2015) précisent également à l’article 262 « Besoin global de solvabilité » que l’évaluation des risques se fait en tenant compte de la stratégie d’entreprise, de l’environnement économique et financier et ce notamment dans l’étude prospective de la solvabilité. Cela implique de prendre en compte un horizon de temps pertinent (au regard de ces variables macro) dans la mise en œuvre de cette évaluation. 6 Notamment dans la lignée des travaux d’Igor Ansoff. 7 Portée par des stratèges, économistes et chercheurs de référence tels que Gaston Berger, Maurice Blondel, Jacques Lesourne, Michel Godet pour ne citer qu’eux. 8 Théodore Levitt, économiste et professeur à la Harvard Business School. 9 Accord national interprofessionnel. Certaines mutuelles ne sont que faiblement affectées par cette réforme : mutuelles sur les segments des professions libérales, des retraités, des salariés du secteur public etc. 10 Entretien réalisé en 2014 par l’auteur auprès d’un directeur des risques d’une mutuelle de moyenne taille.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº336
Notes :
1 https://acpr.banque-france.fr/solvabilite2/orsa.html
2 Assureur, entendu dans une acceptation large, soit les entités portant les risques transférés par les assurés: mutuelles, assureurs généralistes, institutions de prévoyance, bancassureurs, réassureurs etc.
3 Parfois aussi qualifié de Business Plan ou d’anticipations stratégiques.
4 Aussi appelé « profil de risque », cette notion caractérise le niveau d’appétence et les limites de tolérance aux risques de l’assureur : quels sont les risques que l’assureur souhaite prendre, et jusqu’à quel seuil (quantitatif, qualitatif) souhaite-t-il aller en termes de prise de risque compte te nu de sa stratégie ?
5 Les actes délégués (JOUE, 17/01/2015) précisent également à l’article 262 « Besoin global de solvabilité » que l’évaluation des risques se fait en tenant compte de la stratégie d’entreprise, de l’environnement économique et financier et ce notamment dans l’étude prospective de la solvabilité. Cela implique de prendre en compte un horizon de temps pertinent (au regard de ces variables macro) dans la mise en œuvre de cette évaluation.
6 Notamment dans la lignée des travaux d’Igor Ansoff.
7 Portée par des stratèges, économistes et chercheurs de référence tels que Gaston Berger, Maurice Blondel, Jacques Lesourne, Michel Godet pour ne citer qu’eux.
8 Théodore Levitt, économiste et professeur à la Harvard Business School.
9 Accord national interprofessionnel. Certaines mutuelles ne sont que faiblement affectées par cette réforme : mutuelles sur les segments des professions libérales, des retraités, des salariés du secteur public etc.
10 Entretien réalisé en 2014 par l’auteur auprès d’un directeur des risques d’une mutuelle de moyenne taille.