Pour une finance durable

Introduction

Pour une finance durable

Les normes prudentielles ou les exigences en fonds propres ne sont pas les seules solutions pour s’assurer que la finance ne revive pas les crises de 2007 et 2008. Les projets qui nourrissent aujourd’hui la vision d’une « finance durable » sont en train de poser les premières pierres pour que le système financier soit aussi social, solidaire, éthique… c'est-à-dire viable sur le long terme.

 

La finance durable a le vent en poupe. Sur les six premiers mois de l’année 2011, il y a eu non seulement le lancement du projet « Europe Active », pour une Europe plus sociale, lancée par la Fédération des banques éthiques et alternatives, mais aussi le forum Convergences 2015, dont l’objectif est de devenir le Davos des nouvelles solidarités. En outre, les états généraux de l’économie sociale et solidaire organisés en juin ont permis d’établir des cahiers d’espérance, qui devraient servir de feuille de route pour le développement d’une finance « meilleure ».

La Commission européenne est aussi en train de s’emparer du sujet pour permettre l’accès au grand public, notamment via l’épargne solidaire. « La révision du Single Market Act, prévu pour 2012, prévoit d’apporter au texte une dimension sociale » a souligné Emil Paulis, à la tête de la direction générale du marché intérieur et des services de la Commission européenne, lors d’une conférence sur le social business organisée par Paris Europlace début juillet. « Tous les secteurs du social business et de la microfinance manquent de fonds » a-t-il ajouté. Pour y remédier, il faut pouvoir drainer l’épargne des particuliers. « Nous ne voulons pas dépendre des financements publics, nous voulons créer un cadre de travail et un passeport pour réguler les fonds qui investissent dans le social business. Nous voulons aussi pouvoir contrôler leur reporting ».

Alors qu’en Suisse, aux Pays-Bas et en Allemagne, la loi autorise les gestionnaires à proposer au grand public des produits d’investissement permettant d’être investis à 100 % dans des actifs de social business, en France en revanche, le régulateur, dans le cadre d’une demande de liquidité quotidienne, exige que 90 % des actifs soient investis en produits conventionnels et seulement 10 % en finance durable. Selon Sébastien Duquet, directeur général de PLANIS ResponsAbility, société de gestion qui investit dans la microfinance et le commerce équitable, «  la législation française, en favorisant une liquidité quotidienne et en n’autorisant que des fonds 90/10, a pour conséquence de limiter l’investissement vers la finance dite sociale. Car au final, ce ne sont même pas 10% d’investis mais plutôt 5-7%, en fin de compte. Il nous semble qu’en complément des fonds existants 90/10, des fonds purs (investis à 100% en microfinance ou social business) pourraient être proposés; les investisseurs pourraient choisir en connaissance de cause entre des fonds très liquides mais investis faiblement (moins de 10% ) ou des fonds moins liquides mais investis à 100%. Les chances de développement de la finance durable sont sans aucun doute au niveau européen, en créant un nouveau cadre réglementaire homogénéisé et de nouveaux produits ».

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