G20 : Aiguillon politique

Dossier réalisé par Annick Masounave

Introduction

G20 : Aiguillon politique

« Depuis notre dernier sommet, la reprise mondiale s'est essoufflée, notamment dans les pays développés, le chômage atteignant des niveaux inacceptables. Les tensions sur les marchés financiers se sont accentuées, essentiellement en raison des risques liés aux dettes souveraines en Europe. Des signes de vulnérabilité apparaissent sur les marchés émergents. La hausse des prix des matières premières a porté préjudice à la croissance et affecté les populations les plus vulnérables. La volatilité des taux de change constitue un risque pour la croissance et la stabilité financière. Les déséquilibres mondiaux persistent. Aujourd'hui, réaffirmant notre volonté de travailler ensemble, nous avons pris des décisions visant à redynamiser la croissance économique, à créer des emplois, à assurer la stabilité financière, à favoriser l'intégration sociale et à mettre la mondialisation au service de nos populations. »

Extrait de la déclaration finale du sommet de Cannes, 4 novembre 2011.

G20 : aiguillon politique

Que penser des accomplissements du dernier G20, relativement faibles au regard de l’agenda de la présidence française et des ambitions affichées à l’issue du premier G20, en novembre 2008 ?

Faut-il lui accorder l’excuse de la jeunesse, à l’instar de la directrice du CEPII Agnès Bénassi-Quéré ? Il est vrai que le G20 est véritablement « né » de la crise de 2007, venant éclipser le G7 et le G8 sur les questions de politique économique. « Le G20 n’a que 3 ans, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives sur ce jeune enfant politique. Il est difficile d’obtenir un consensus dans le cadre du G20, mais il est difficile de formuler des déclarations dans ce domaine sans l’Inde ou le Brésil », déclarait l'économiste le 15 novembre dernier.

Peut-on accuser la nécessaire résolution de la crise européenne, qui aurait, de par son caractère d’urgence, retardé ou occulté certaines annonces ? Le secrétaire général de l’Elysée, Xavier Musca, rappelle en effet que l’Union européenne avait consenti d’énormes efforts pour arriver à Cannes avec un plan crédible de sauvetage de la Grèce et de la zone euro. « Mais, souligne-t-il, du fait de l’annonce-surprise du référendum grec, une bonne partie du sommet a consisté à remettre de l’ordre dans la zone euro en clarifiant la position grecque ».

Benoît Cœuré, directeur général adjoint du Trésor, souligne que le sommet de Cannes a été précédé par une année de travail de la part de groupes de travail transverses au FMI, à l’OCDE, au FSB et à quelques autres organismes. Les inputs techniques ne doivent pas être ignorés. « On ne peut s’attendre à ce qu’un sujet ouvert dans le cadre d’une présidence soit clos dans l’année », explique-t-il, en mentionnant l’exemple de la réforme de la réglementation bâloise, en passe d’être achevée au bout de trois années de discussions.

D’autres encore, à l’instar Daniel Lebègue, président de Transparence International France, se montrent plus réservés dans leur analyse. Il dénonce certains dossiers oubliés ou négligés, comme la fraude fiscale des entreprises. Il juge « modeste » le bilan des décisions prises dans le domaine de la lutte contre la fraude et les paradis fiscaux au regard des objectifs fixés lors du G20 de Londres, en avril 2009.

Peut-être, en conclusion, faut-il accorder au G20 un statut d’animal politique indéterminé, dont le rôle d’aiguillon dans les réformes de la sphère financière, même s’il ne se révèle pas conforme aux promesses de ses débuts, ne peut être ignoré.

Dossier réalisé par Annick Masounave

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