Financement des banques: nouveaux instruments, nouveaux risques

Dossier réalisé par Elisabeth Coulomb et Sophie Gauvent

Introduction

Financement des banques: nouveaux instruments, nouveaux risques

En matière de financement et de gestion de leur passif, les banques s’aventurent dans des terres largement inexplorées, entre nouveaux instruments financiers (CoCo, covered bonds, obligations senior non préférées…) et dépôts qui risquent de devenir plus volatils, avec la montée en puissance des nouveaux acteurs issus du monde digital…

Financement des banques : nouveaux instruments, nouveaux risques

Les évolutions réglementaires (CRD 4, BRRD, TLAC…) et technologiques (Big Data et vague digitale) ont bouleversé le modèle économique des grandes banques universelles, non seulement dans la relation client et dans leur capacité à financer les acteurs économiques (entreprises ou particuliers), mais également, en amont, dans leurs modes de (re)financement et de gestion de leur passif.

Les banques ont pu, depuis le lancement des quantitative easing, se financer largement auprès des banques centrales, mais cet accès exceptionnel devrait tôt ou tard finir par se restreindre et elles verront alors augmenter la place des autres sources de financement plus traditionnelles, notamment les financements de marché et les dépôts de la clientèle.

Or, pour être traditionnelles, ces sources de financement n'en connaissent pas moins des évolutions significatives.

Les dépôts ont ainsi fait l'objet de stratégies presque contradictoires : tout d'abord convoitée pour satisfaire les ratios de liquidité, cette ressource de financement a vu son coût devenir moins attractif, sous l’effet de la baisse des taux. Aujourd'hui se profile un autre risque : l'apparition de nouveaux acteurs dans les services bancaires, comme les agrégateurs et initiateurs de paiement, fait craindre à terme une plus forte volatilité des dépôts dans les bilans bancaires, quand ce n'est pas une diminution au profit de placements plus facilement conseillés et réalisés, voire une captation par les premières néo-banques.

Les financements de marché, essentiellement sur le marché obligataire, sont fortement impactés par la nécessité pour les banques de renforcer leurs fonds propres, ainsi que par les contraintes liées à la définition de plans de résolution, au nouveau régime de renflouement interne (bail-in) et aux ratios de résolution (TLAC et MREL). Ces obligations réglementaires les contraignent à revoir la structure de leur passif, avec une nouvelle hiérarchie des créances et surtout des interactions renforcées entre leur politique de financement et leur politique de capital. Pour y parvenir, de nouveaux outils de financement ont été conçus : instruments de capital comme les contingent convertible bonds (CoCo, obligations convertibles), ou instruments de dettes comme les covered bonds (CoBo, obligations sécurisées), ou encore, dernières nées issues de la loi Sapin 2, les obligations senior non préférées. Avec néanmoins un risque pour les banques – si ce n'est déjà avéré mais probablement inévitable – de voir le coût de leurs financements se renchérir.

Les différentes contributions de ce dossier montrent comment, en matière de financement et de gestion de leur passif, les banques s’aventurent dans des terres largement inexplorées.

Dossier réalisé par Elisabeth Coulomb et Sophie Gauvent

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Banque & Stratégie