Dette Covid : faut-il la rembourser ?

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Dette Covid : faut-il la rembourser ?

La dette publique et le ratio dette/PIB ont fortement augmenté en 2020, sous l’effet conjugué des dépenses exceptionnelles liées à la crise sanitaire, économique et sociale, et de la baisse du PIB. Si un éventuel retour à « l’orthodoxie budgétaire » n’est pas attendu à court terme, la gestion de la « dette Covid » à moyen et long terme fait l’objet d’un débat qui rappelle la pluralité des approches et interprétations en économie.

Faut-il rembourser la dette Covid ?

La crise sanitaire de la Covid-19 et ses conséquences économiques et sociales ont rendu nécessaire, en France, en Europe et ailleurs, des dépenses publiques exceptionnelles. Associées à la baisse du PIB liée à celle de l’activité en temps de confinement, elles ont induit une hausse des niveaux d’endettement public et des ratios de dette/PIB. En France, ce dernier atteindrait environ 120 % fin 2020, contre 98,1 % fin 2019.

Avec l’augmentation de la dette publique et du ratio dette/PIB, un débat est apparu courant 2020 sur le devenir de la « dette Covid », la part de la dette publique induite par les mesures prises face à la crise. Un quasi-consensus s’est fait autour de l’idée qu’il ne faudrait pas rembourser rapidement les dépenses du « quoi qu’il en coûte », alors que l’Europe a suspendu pour le moment sine die les règles du Pacte de stabilité, et que la dette française est considérée de manière assez unanime comme actuellement soutenable. L’État se finance à taux négatifs et la BCE rachète des titres publics sur le marché secondaire. Près de 20 % de la dette française est désormais détenu par la BCE.

Le débat s’est porté sur la question de savoir comment traiter, quand le temps viendra de le faire, cette dette publique augmentée de la dette Covid, et comment contenir ou baisser le ratio dette/PIB. Débat que l’on pourrait résumer de manière un peu provocatrice par la question : faut-il rembourser la dette Covid ?

Débat qui, au moins sur le papier, fait bouger les lignes. Si plusieurs décideurs (François Villeroy de Galhau, Bruno Le Maire, Pierre Moscovici…) ont pris la parole pour insister sur la nécessité de rembourser la dette, voire appeler de leurs vœux un retour à l’orthodoxie budgétaire, arguant parfois de la gestion en bon père de famille ou du fardeau laissé à nos enfants, des voix divergentes s’expriment pour présenter d’autres orientations. En effet, pourquoi n’y aurait-il pas d’alternative ? La proposition d’annuler la part de la dette publique détenue par la BCE nourrit en particulier les échanges. Alors, faudra-t-il rembourser la dette Covid, l’annuler, la restructurer, la rendre perpétuelle, la faire rouler, la monétiser, la cantonner ?

Choix politiques

Débat qui rappelle que l’économie n’est pas une science exacte aux théories et résultats immuables, qu’il n’y a pas de règles naturelles et peu de règles d’or, mais des indicateurs, des hypothèses, des dogmes, des idéologies, des paradigmes, qui peuvent devenir inopérants, voire caduques, et varient au fil des choix politiques et des moments historiques. Le contexte post-crise de 2008 marqué par l’importance de la politique monétaire de la BCE pose de nouvelles questions.

Débat plus que jamais d’actualité alors que, concrètement, une Commission sur l’avenir des finances publiques a été mise en place le 4 décembre 2020, présidée par Jean Arthuis, avec « pour mission de proposer des scénarios de retour à l’équilibre des comptes » en février ou mars, en amont du PLF. Avec pour seul tabou annoncé, le refus de toute augmentation d’impôt.

Reste à voir si l’époque inédite inventera de nouvelles approches d’une dette publique qui aura connu diverses fortunes au fil des périodes, tandis que la notion de dette est sujette à des interprétations et appréhensions plurielles. Il est trop tôt pour savoir ce que sera le traitement de la dette Covid, alors que ni la crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales ni l’Histoire ne sont finies.

Dossier réalisé par Laure Bergala

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