Citoyens, politique et finance : des relations complexes

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Citoyens, politique et finance : des relations complexes

L’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai est l’occasion de s’interroger sur les relations qu’entretiennent citoyens, politique et secteur financier. En France, elles sont souvent complexes et parfois conflictuelles et s’inscrivent forcément dans un contexte européen. Divers analyses et points de vue étudient ces interactions, alors que la jeune stratégie nationale d’éducation financière cherche à mieux faire comprendre la finance aux Français.

Citoyens, politique et finance

Les échéances électorales importantes qui approchent en France, l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai et le scrutin législatif des 11 et 18 juin, sont l’occasion pour les politiques de parler (ou non) de finance, de mentionner (ou pas) les banques dans leurs discours et leurs programmes. Si, en 2012, la réforme du système bancaire post-crise a tenu une place certaine dans la campagne, en 2017, les banques sont moins présentes dans les propositions, signe peut-être d’une certaine accalmie dans les rapports que les politiques entretiennent avec elles. On se souvient du fameux « mon adversaire, c’est la finance » de François Hollande en 2012. Pour autant, elle continue à susciter des interrogations dans la société civile.

Ce discours parfois hostile se fonde sur la relation historiquement tumultueuse que les citoyens français entretiennent avec « la finance ». Hubert Bonin nous rappelle que ces mouvements d’opinion critiques s’inscrivent dans une Histoire qui remonte au moins à la IIIe République. Circonstance aggravante, les Français sont parfois considérés comme peu intéressés par les sujets économiques et financiers, et surtout mauvais connaisseurs en la matière. Pour y remédier, la stratégie nationale d’éducation financière initiée par Bercy est déployée par la Banque de France et ses partenaires depuis début 2017 (voir l’entretien avec Stéphane Tourte). La sociologue Jeanne Lazarus retrace la genèse de ces stratégies d’éducation financière dans les pays développés et en fait une analyse… critique.

À un niveau bien plus macroéconomique, interroger les rapports entre la finance et les États conduit à rappeler leurs importantes interactions financières, et notamment le fait que la régulation initiée par les autorités publiques est aussi destinée à assurer la stabilité des financements de ces États (Clémentine Gallès, Société Générale). Depuis la crise de 2007-2008, les interactions entre les politiques fiscales des États, les politiques monétaires des banques centrales et le secteur financier et les banquessont si fortes qu’elles portent un risque systémique, estime Georges Ugeux dans un point de vue tranché.

Enfin, un autre volet des relations tumultueuses entre politique et finance concerne le rapport (de force ?) entre la réglementation et le secteur financier. L’économiste Dominique Plihon considère que la finance domine le politique en France depuis les années 1980 et que leur relation a pris la forme de liaisons dangereuses. Ancien banquier d’affaires, Jean-Michel Naulot estime également que la puissance des lobbies est plus forte que la volonté politique de réformer la finance en Europe aujourd’hui. Reste à voir si les échéances électorales européennes de cette année rebattront les cartes…

Dossier réalisé par Laure Bergala

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