Chambres de compensation: quel business model ?

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

Chambres de compensation: quel business model ?

Destinées à sécuriser les échanges financiers, les chambres de compensation doivent également affronter en Europe un environnement très concurrentiel. Subissant de nombreuses contraintes, les CCP disposent de marges de manœuvre étroites pour se différencier. Pour atteindre la taille critique, certaines fusionnent entre elles.

Les nouvelles régulations génèrent un afflux de business vers les CCP ! C'est le cas, par exemple, dans le domaine des produits dérivés : comme le rappelle François Cadario (LCH Clearnet), « la crise de 2008 a révélé que la propagation des risques était liée notamment aux produits dits de gré à gré » (voir son article, page 18). Bon nombre de ces produits dérivés OTC sont désormais concernés par l'obligation de compensation instaurée par EMIR et le Dodd-Frank Act.

Si l'objectif des régulateurs est de sécuriser le système financier, ils donnent par la même occasion un « coup de pouce » aux CCP. Mais ne sont-elles pas en surnombre ? Pour Alain Pochet (BNP Paribas Securities Services), « il y a trop de chambres de compensation, en particulier en Europe pour les actions. […] Dans le domaine des produits dérivés, il est beaucoup plus difficile de réduire le nombre de CCP. Pourtant, il est très malsain qu'il y ait trop de concurrence entre des CCP qui doivent avoir les moyens d'investir dans les outils coûteux de gestion des risques. Elles ne sont pas là pour être des sociétés commerciales, mais pour sécuriser les échanges de notre monde financier » (lire son interview).

Et pourtant, ces établissements sont bien des sociétés de droit privé. Malgré un environnement très contraignant, chacune cherche à se différencier. Selon Thibaut de Lajudie (Ailancy), « les chambres de compensation […] qui pourront mettre à disposition de leurs clients des outils et des services performants permettant d'optimiser et de sécuriser la gestion du collateral disposeront d'un avantage compétitif pour attirer les flux ». D'autres pistes de différenciation existent (voir l'article).

Les CCP évoluant dans un contexte d'investissements lourds et de marges réduites, elles sont lancées dans une course à la liquidité. Selon Édouard Macré et Géraud du Deschaux (Equinox-Cognizant), « la clé du succès pour les CCP réside plus que jamais dans la capacité à atteindre la taille critique et à bénéficier d'un “effet volumes. Une véritable course à la liquidité – donc aux flux – est engagée ». Par exemple, en décembre 2014, ICE a pris un intérêt majoritaire dans Holland Clearing House (HCH), la chambre de compensation de la plate-forme alternative TOM. Un an plus tôt, EMCF et EuroCCP fusionnaient pour former la première chambre de compensation européenne sur les marchés « cash ». Et dans le domaine du clearing des dérivés OTC, l'enjeu de la liquidité est encore plus crucial. Les deux consultants calculent que « pour capter cette réserve colossale de liquidité, ce ne sont pas moins de onze CCP européennes qui se sont positionnées. De toute évidence, il n'y aura pas de place pour tout le monde »...

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

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