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La vraie solution à la crise des pays occidentaux

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°744

Post-Marché : une nouvelle architecture

Depuis fin 2001 et l’entrée de la Chine à l’OMC, les pays occidentaux sont atteints de la même maladie mortifère : un manque absolu de compétitivité face à la Chine depuis qu’ils ne peuvent plus se protéger du yuan sous-évalué par des mesures de protection douanière. Ils subissent de ce fait une puissante tendance récessive, due à des déficits commerciaux colossaux et croissants à l’égard de la Chine et à une panne prolongée de l’investissement industriel.

Face à cela, les dirigeants occidentaux ont tenté trois traitements.

Entre 2002 et 2007, M. Greenspan nous a dit : « On peut s’accommoder d'un yuan trop bon marché avec des taux d’intérêt historiquement bas. » Ce à quoi la Chine s’empressa de contribuer. Mais le contrepoison supposé au poison du yuan était lui-même empoisonné ; une séquence « bulle immobilière puis krach immobilier » vint frapper les États-Unis, le Royaume Uni, l’Irlande et l’Espagne.

En 2009 et en 2010, MM. Bernanke et Stauss-Kahn nous dirent : « On peut s’accommoder d'un yuan trop bon marché grâce à une relance budgétaire généralisée dans les pays occidentaux. » Ils avaient seulement négligé que ce contrepoison-là aussi était empoisonné : en poussant les ratios « dette publique/PIB » à proximité de 100 %, ils finirent par enclencher un redoutable krach obligataire que l’État chinois, de loin le premier agent créancier au monde, se chargea d’accentuer.

Depuis fin 2010, MM. Bernanke et King nous disent : « On peut s’accommoder d'un yuan trop bon marché en recourant à la planche à billets ; grâce à elle, on peut faire de la relance budgétaire sans subir un krach obligataire ; les États-Unis, le Royaume Uni et le Japon montrent la voie et si l’eurozone suivait leur exemple, elle échapperait à son krach obligataire. » Et pourtant, si les pays occidentaux s’adonnaient durablement à cette pratique, on verrait assez vite le yuan ravir au dollar le statut de monnaie de réserve mondiale et de facturation des matières premières, ce qui signerait une grave défaite pour les pays occidentaux.

Nous sommes atteints d’un cancer : le yuan trop bon marché. Nous avons essayé en vain l’homéopathie, les antibiotiques, la radiothérapie mais nous refusons encore le seul traitement salutaire : une taxe de 80 % appliquée aux produits made in China par tous les pays du G7. Mais pour être efficace, ce traitement doit être décidé sans délai, car l’économie occidentale s’épuise à mesure qu’on la soumet à des traitements dérisoires ou contre-productifs.

 

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