Économie

Un long cycle expansif aux États-Unis ?

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°769

Données personnelles : une protection de plus en plus renforcée

Le cycle d’expansion américaine a désormais 54 mois : on peut légitimement se demander ce qui pourrait (hors choc exogène) l’interrompre. Ce cycle semble en effet solide : les nombreux déséquilibres financiers à l’origine de la grande récession de 2007-09 ont été pour une large part résorbés : baisse de la dette des ménages, redressement de la solvabilité, liquidité et rentabilité des banques, baisse du déficit de la balance courante, assainissement de l’immobilier résidentiel… Ce que ce cycle a perdu en intensité (2,3 % de croissance réelle en rythme annualisé depuis l’été 2009), il l’a gagné en durabilité.

Il reste aussi de nombreuses marges de croissance non inflationniste : taux d’utilisation des capacités de production sous sa moyenne historique et taux de chômage (ajusté de la composante cyclique du taux de participation) élevé.

Le taux d’investissement net (net de la dépréciation du capital) des entreprises se situe encore à un très bas niveau historique. L’âge moyen du stock de capital apparaît également très élevé.

Les dépenses de biens d’équipement des entreprises, après avoir progressé à 2 chiffres jusqu’en 2011, sont revenues à un rythme de progression d’à peine 3 % en 2013. La meilleure tenue de la demande des ménages, le maintien de marges à un niveau élevé et la persistance de bonnes conditions financières devraient favoriser un redressement plus marqué de l’effort d’investissement des entreprises. L’éloignement des pressions déflationnistes et la réduction des tensions politiques entre républicains et démocrates devraient constituer des catalyseurs additionnels.

La consommation privée devrait précisément marquer un rebond assez sensible, à la faveur de plusieurs éléments :

  • poursuite des créations d’emplois (à un rythme d’environ 200 000 par mois), ainsi que de la durée du travail et du salaire horaire ;
  • moindre resserrement fiscal, potentiel de baisse du taux d’épargne : la valeur du patrimoine des ménages a en effet progressé (grâce essentiellement aux actions et à l’immobilier) de presque 9 000 milliards de dollars en 2013 ; la marge de baisse du taux d’épargne des ménages pour 2014 est donc non négligeable.

L’investissement résidentiel devrait poursuivre sa marche haussière, simplement freinée par la hausse des taux mortgage. Le niveau des stocks et celui de l’offre nette de logements apparaissent trop faibles eu égard au dynamisme de la demande potentielle, liée en particulier à la hausse du nombre de foyers : leur rythme de formation est ainsi passé d’une moyenne d’environ 1,3 million sur les années 1990-2005 à moins de 700 000 sur 2006-2013. L’amélioration de la situation économique (emploi) et financière (réduction des défauts, hausse du patrimoine) des ménages devrait permettre de solidifier le redressement.

En fin de compte, le risque principal pour l’économie américaine est une erreur de politique économique, budgétaire ou monétaire.

 

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