La publication des études d’impact
Un dispositif encore en phase de calibrage
Suite à la crise financière de l’été 2007 et dans un souci d’harmonisation, le Comité de Bâle (BCBS) a enclenché en 2009 un processus de renforcement du contrôle de la liquidité pour les banques et les institutions financières. Pour la première fois, le BCBS émet des standards quantitatifs de liquidité, avec le projet de directive CRD 4, qui prévoit la mise en place de deux nouveaux ratios (voir Encadré 1) devant permettre aux assujettis de pouvoir en permanence :
- faire face à un choc de liquidité soudain, au travers du
LCR ;[2] - mieux maîtriser leur activité de transformation, au travers du
NSFR .[3]
Le BCBS a formulé par ailleurs des recommandations sur la gestion des éventuelles asymétries en devise. Ainsi, les ratios de liquidité sont-ils à respecter sur une base consolidée (dans une monnaie unique), mais une liste des encours d’avoirs et engagements dans chaque
Des ratios controversés
Le texte bâlois de décembre 2010, précurseur de la CRD 4, a introduit une clause de revue du dispositif qui indique que la période d’observation (qui s’achève fin 2013 pour le LCR, fin 2016 pour le NSFR) pourra aboutir à une révision des deux ratios. L’objectif de cette période est de parvenir à un juste calibrage du ratio pour en limiter les effets pervers qui pourraient être détectés.
Deux études d’impact quantitatif ont ainsi été menées par le BCBS en juillet 2010 et juin 2011 sur deux groupes représentatifs de banques et sur l’activité économique en général. Ces études ont mis en avant des points de blocage, en particulier pour le LCR. Ainsi le scénario de stress retenu est-il généralement perçu comme extrême, car il combine un stress spécifique à l’établissement et des conditions de marché
Concernant le NSFR, de nombreuses questions ont aussi été soulevées, mais les pressions restent plus faibles, du fait d’une mise en œuvre prévue en 2018.
Les aménagements souhaités
Pour répondre aux demandes concernant les éléments controversés des futurs ratios de liquidité (scénario de stress extrême et permanent, concentration sur les souverains, contrainte d’ajustement du business model de la banque, etc.), diverses propositions d’aménagement ont été analysées. Ces pistes de réflexion, annoncées par le Comité de Bâle au travers d’un communiqué de presse du 8 janvier 2012, portent sur les points suivants du LCR :
- la possibilité de relever le coussin actuel en actifs de niveau 2 à plus de 40 % ;
- la prise en compte renforcée des obligations sécurisées par une décote moins pénalisante ;
- la possibilité de passer sous le seuil des 100 % en cas de stress important survenant de manière effective, afin de mobiliser le pool d’actifs et de renouer in fine avec le niveau de ratio réglementaire.
En outre, concernant le LCR, les banques demandent encore au BCBS des réponses sur :
- la possibilité et les circonstances justifiant de mobiliser les actifs liquides en période de stress pour répondre à une augmentation des flux sortants ;
- l’interaction entre les banques et les banques centrales en période de stress pour éviter tout conflit avec les politiques de ces dernières.
L’adoption des nouveaux ratios de liquidité : un impact significatif
Au-delà des analyses qualitatives, les ratios mesurés pour les banques de
- 1 000 milliards de dollars en actifs pour le LCR ;
- 1 800 milliards de dollars en ressources stables/longues pour le NSFR.
- de maintenir en permanence un stock d’actifs liquides de haute qualité (et donc moins rentables) ;
- d’investir massivement dans les titres d’État ou la dette privée très bien notée (avec le risque de les voir se dégrader) ;
- de diversifier les sources de financement pour réduire toute dépendance à un type de ressources (comme les dépôts à vue, pourtant très stables) ;
- de détenir un montant élevé de ressources à moyen terme.