Change & taux

Qui asphyxie l’économie mondiale ?

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Dès 2011, la Chine a amorcé un fort ralentissement pour réaliser une croissance d’environ 4 % en 2015 ; si le FMI retenait ce 4 % au lieu du 6,8 % qu’il retient, son chiffrage pour la croissance mondiale passerait de 3,1 % à seulement 2,6 %. Comment analyser cela ?

Depuis son admission fin 2001 à l’OMC, Pékin impose son énorme surcompétitivité (salariale et monétaire) aux autres pays qui ne peuvent ni recourir à des protections douanières ni dévaluer significativement leurs monnaies contre yuan ; dès lors, les autres pays s’imposent de pratiquer une police salariale extrême et renouvelée.

Les progrès de productivité, toujours élevés, ne s’accompagnent donc plus ni d’une augmentation des salaires réels ni d’une réduction de la durée hebdomadaire du travail. Dans tous les pays hors Chine, l’évolution des effectifs des salariés de base et celle de leurs salaires subissent une surpression jamais vue. La part dans leur PIB de la vraie masse salariale (hors managers et hors traders) recule en faveur des profits.

Mais les profits et les hauts revenus se dépensent beaucoup moins bien que les salaires ; quant à la propension des salaires à se dépenser, elle recule quand le chômage s’avère durablement élevé.

La consommation mondiale progresse donc désormais très lentement. La croissance du PIB mondial s’en affaiblit et la détérioration consécutive de l’investissement des entreprises l’affaiblit une deuxième fois.

Face à cela, les autorités du G7 s’activent, sollicitant même des artifices très exceptionnels : relances budgétaires massives (2009-2011) et recours des banques centrales à la planche à billets. Si les compteurs du degré d’endettement et de la planche à billets s’emballent, la stagnation se prolonge, hormis en Chine.

À dire vrai, seule une politique de relance salariale coordonnée et généralisée pourrait sortir le monde de l’impasse. Elle est hélas inaccessible : depuis 2001, Pékin a maintenu largement intacte sa surcompétitivité (ni la Russie, ni le Brésil, ni l’Australie, ni le Japon n’ont repris de parts de marché à la Chine en dépit d’une dépréciation, large mais insuffisante, de leurs monnaies contre yuan).

 

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