Economie

Quels « Black Swans » en 2016 ?

L'auteur

  • Patrick Artus
    • Chef économiste
      Natixis
    • Directeur de la recherche et des études
      Natixis

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°793

Cybercriminalité : un risque systémique pour les banques

Poursuite de la croissance aux États-Unis, reprise de la croissance dans la zone euro, remontée très lente des taux d’intérêt de la Réserve fédérale, maintien d’une politique monétaire très expansionniste dans la zone euro… Si ce scénario attendu pour 2016 par la majorité des intervenants des marchés financiers se vérifie, l’évolution des marchés devrait être assez favorable. Mais quels sont les chocs défavorables imprévus (les Blacks Swans) qui pourraient venir compromettre ce scénario assez rose pour 2016 ?

Une forte dépréciation du RMB

Compte tenu du poids du marché intérieur chinois (15 % du PIB mondial) et des importations de la Chine, une forte dépréciation du RMB conduirait à une forte dégradation des marchés financiers aux États-Unis et dans la zone euro, comme on l’a vu en août et en décembre 2015.

L’absence de reprise économique dans la zone euro serait évidemment très pénalisante pour les marchés financiers de la zone euro.

Des mouvements violents du prix du pétrole (à la hausse ou à la baisse) seraient pénalisants. Une remontée importante du prix du pétrole ferait remonter l’inflation, réduirait les revenus réels des États-Unis et de la zone euro (en sens inverse de ce qu’on a vu depuis 2014) et conduirait les banques centrales, avec la hausse de l’inflation, à sortir des politiques monétaires expansionnistes ; une chute encore plus forte du prix du pétrole poserait des problèmes considérables aux pays exportateurs de pétrole, aux compagnies pétrolières et aux entreprises travaillant pour ces compagnies, et ses effets négatifs pourraient alors l’emporter.

Une évolution non anticipée, vers le haut ou vers le bas, de l’économie américaine : Ici aussi, les deux scénarios (en forte hausse ou en forte baisse par rapport au scénario central) sont défavorables. Un ralentissement important de la croissance américaine serait évidemment perçu comme une évolution très négative. Il faut reconnaître que des signes défavorables apparaissent aujourd’hui aux États-Unis : faiblesse des commandes de biens durables, recul des profits, recul des rachats d’actions après une période de forts rachats… À l’inverse, un redressement des hausses de salaires et de l’inflation sous-jacente, avec la poursuite de la baisse du chômage, pousserait la Réserve fédérale à remonter ses taux d’intérêt plus vite que ce qui est anticipé.

 

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