Change et taux

Pourquoi la Fed a raison d'être patiente…

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Revue Banque n°782

Entreprises sociales : vers un nouveau marché pour les banques

La stratégie de la Fed fait l’objet de vifs débats… et pas seulement entre opérateurs de marchés ! Alors que début janvier, le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota, reprochait à la banque centrale de ne pas soutenir suffisamment l’économie pour atteindre son objectif d’inflation, le président de la Fed de Philadelphie, Charles Plosser, se déclarait fin janvier préoccupé par le maintien d’une politique de taux zéro : « Si l’on attend trop longtemps, on prend le risque d’être en retard ou de perturber l’économie par des hausses rapides de taux. »

La « patience » de la Fed est toutefois moins le reflet d’un compromis hasardeux entre colombes et faucons qu’un choix tactique. Annoncer maintenant qu’elle ne relèvera pas ses taux cette année, alors que l’activité est plutôt plus forte et les créations d’emplois plus dynamiques qu’attendu, serait pour le moins curieux. Annoncer qu’elle va bientôt relever ses taux serait imprudent. L’investissement résidentiel ne répond en effet toujours pas normalement à la faiblesse des taux d’intérêt. Ensuite, si les effets positifs de la baisse des prix du pétrole sur la consommation sont en grande partie derrière nous, les effets négatifs sur l’investissement du secteur pétrolier restent à venir. Surtout, le coup de frein lié à l’appréciation forte et rapide du dollar depuis un an ne produira pas son plein effet avant l’été.

Attendre encore quelques mois avant d’envisager une hausse des taux est donc loin d'être déraisonnable. D'ici là, la Fed aura une idée plus précise de la force des « vents contraires » qui vont freiner la croissance. Et entre-temps, le risque pris est modeste. La faiblesse de l'inflation jointe à la mise en œuvre par la BCE de son programme d'assouplissement quantitatif devraient continuer de comprimer les primes de terme sur les marchés obligataires… rendant peu vraisemblable la remontée brutale des taux longs américains redoutée par Charles Plosser !

 

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