Change & Taux

FED : maintenant ?

L'auteur

  • Philippe Weber
    • Responsable des études et de la stratégie
      CPR Asset Management

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°790

Troisième pilier, bail-in, TLAC... L'union bancaire à parfaire

Après une courte série de statistiques un peu décevantes, on s’accorde désormais à trouver, en particulier après les données du mois d’octobre, que le marché de l’emploi aux États-Unis manifeste un dynamisme certain. Par exemple, le taux de chômage est revenu à 5 %, au plus bas depuis le printemps 2008. C’est aussi le cas du taux de chômage étendu (« U6 »), qui inclut également le temps partiel subi et les personnes marginalement rattachées au marché du travail. Certes, ce dernier indicateur reste plus élevé que lors des cycles précédents, ce qui empêche de conclure qu’on a complètement retrouvé le plein-emploi. Mais les bons indicateurs se multiplient : par exemple, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont proches du minimum atteint… en 1973. Depuis le début de l’année, les ouvertures de postes fluctuent près du niveau le plus haut depuis que la série existe, c’est-à-dire l’année 2000. Et surtout, les salaires semblent enfin commencer à accélérer. Avec une hausse annuelle de 2,5 %, ils n’en sont bien sûr pas encore à entraîner une inflation galopante, puisque la hausse annuelle des prix oscille autour de 0. Mais, même si l’indice préféré de la Réserve fédérale, le déflateur de la consommation privée, n’a augmenté que de 0,2 % en un an, c’est largement en raison du pétrole : hors alimentation et énergie, on arrive à 1,3 %. D’autres mesures d’une inflation sous-jacente, comme l’inflation écrêtée, l’inflation médiane ou la hausse des prix rigides, s’établissent respectivement à 1,8 %, 2,5 % et 2,3 %. On comprend alors qu’un membre du Federal Open Market Committee (FOMC) aussi « colombe » que John Williams, président de la FED de San Francisco, se déclare « de plus en plus confiant » que l’inflation reviendra à l’objectif de 2 %. Le statu quo de la banque centrale en juin s’expliquait par le très mauvais chiffre de la croissance au premier trimestre. Le FOMC a justifié celui de septembre par les incertitudes liées à la Chine et par la volatilité des marchés, sans toujours convaincre. Ne pas monter le taux des fonds fédéraux deviendrait désormais, sauf choc négatif brutal sur l’économie, difficilement compréhensible. L’histoire montre que la Réserve fédérale est indifférente, dans la conduite de sa politique monétaire, au cycle électoral. Les marchés semblent s’être faits à cette idée et on ne doit sans doute pas craindre d’épisode de volatilité exacerbée. Les conditions sont donc remplies pour la fin du taux zéro aux États-Unis.

 

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