Economie

Fed et Banque d’Angleterre : la croissance ne suffit pas

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°783

Conformité : entre prévention et sanctions

Au Royaume-Uni, en dépit d'un retour à une croissance soutenue, de 2,6 % l'an dernier, et de progrès considérables de la situation du marché du travail, avec 608 000 créations d'emplois en 2014 et un taux de chômage tombé à 5,7 %, la première hausse du taux de la banque d'Angleterre, un moment anticipée pour novembre dernier, a été repoussée. Le recul du chômage n'a pas débouché sur une accélération des salaires (1,7 % en glissement annuel), l'inflation est tombée à 0,3 %. L'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation), de 2 % mi 2014, ressort à 1,4 %, bien loin de la cible de 2 %.

Aux Etats-Unis, la croissance a atteint 2,4 % en 2014. 287 000 emplois ont été créés chaque mois depuis décembre, le taux de chômage est tombé à 5,7 %. Au rythme de baisse des derniers trimestres, le taux de chômage tomberait à 5 % d'ici l'automne, en ligne avec les estimations du taux de chômage compatible avec la stabilité de l'inflation. Pour autant, la hausse des salaires horaires demeure en deçà de 2 %. L'inflation est tombée en territoire négatif, sa composante sous-jacente ressort à 1,6 % et la mesure préférée de la Fed, le déflateur de la consommation, affiche une hausse de 0,7 %, contre 1,6 % il y a 6 mois.

Cela explique la prudence dont J. Yellen a fait preuve lors de sa communication au Congrès en février dernier. Une première hausse de taux est envisagée, sous réserve que la Fed soit convaincue de la perspective d'un retour de l'inflation vers l'objectif de 2 %. Une hausse n'interviendrait qu'à l'issue de deux réunions du FOMC [1], après que la référence à la patience aura été éliminée des communiqués du comité. Il s'agit de préparer les marchés pour éviter la répétition d'un épisode du type de celui du printemps 2013, la référence à un coup d'arrêt à la politique quantitative ayant débouché sur une hausse soudaine des taux longs. L'exercice est atypique, il s'agit d'amorcer une normalisation après une très longue période (depuis fin 2008) de taux quasi nuls, pas d'un resserrement destiné à enrayer des pressions inflationnistes. Dans ces conditions, l'anticipation d'une première hausse en juin fait l'objet d'un certain scepticisme. Elle pourrait fort bien se retrouver repoussée à l'automne. Il est peu probable de voir le taux revenir en fin de cycle à un niveau comparable à celui atteint en 2007.

[1] Federal Open Market Committee.

 

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