Change & taux

États-Unis : une économie asphyxiée par son déficit commercial

L'auteur

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°737

Liquidité : les grandes manoeuvres

Le déficit budgétaire américain se maintient depuis fin 2008 autour de 10 % du PIB. Un deal est même soudainement intervenu en novembre 2010 entre le Président Obama et le parti républicain, prolongeant les fortes baisses d’impôts sur les hauts revenus antérieurement consenties par George W. Bush, Jr et octroyant une baisse de l’impôt sur les salaires. Quant à la FED, elle a maintenu historiquement bas les taux courts et les taux longs, en termes nominaux et plus encore en termes réels.

En dépit d’un tel dispositif, au premier trimestre 2011, la progression du PIB américain s’est limitée à +0,45 %, soit +1,8 % annualisé.

D’où vient la déception ? La progression du PIB d’un pays est la somme algébrique de deux éléments : la dynamique de la dépense intérieure et le solde extérieur rapporté au PIB antérieur.

La dynamique de la dépense intérieure représente l’écart entre la dépense intérieure et le PIB du trimestre antérieur, écart qu’il faut rapporter au PIB du trimestre antérieur. Dans notre cas, grâce au dispositif évoqué, elle est restée très élevée et fluctue depuis fin 2008 entre +4 et +4,5 % du PIB antérieur.

Mais elle s’est confrontée à un solde extérieur qui, conséquence de la politique de change de la Chine, reste lourdement négatif et s’est stabilisé autour de -3,75 % du PIB antérieur.

Au total, la progression du PIB américain fluctue entre +0,25 % et +0,75 % (soit en chiffres annualisés entre +1 % et +3 %).

La recette keynésienne s’avère impuissante dès lors qu’un grand pays – la Chine – s’emploie, par sa politique de change, à infliger et à renouveler un énorme déficit commercial à un autre grand pays – les États-Unis.

Pire, pour obtenir seulement une reprise économique minable et une stabilisation du chômage à 9 %, les États-Unis exposent à une crise de confiance les Treasuries (dette publique proche de 100 % du PIB) et/ou le dollar (rémunération dérisoire sur les placements en dollars).

La seule réponse valable des États-Unis au défi que leur adresse l’empire du Milieu consisterait à opposer enfin au protectionnisme monétaire chinois un protectionnisme douanier des États-Unis à l’égard de la Chine.

 

Articles du(des) même(s) auteur(s)

Sur le même sujet