Change & Taux

Des p’tits points, des p’tits points, toujours des p’tits points

L'auteur

  • Philippe Weber
    • Responsable des études et de la stratégie
      CPR Asset Management

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°784

Les dettes souveraines

Si l'on osait, on poursuivrait la chanson : des points de première classe (les membres votants du FOMC), des points de deuxième classe (les non-votants)… car il s'agit du désormais célèbre (en tout cas chez les « Fed watchers ») graphique en « dots », reflétant, chaque trimestre, le niveau de taux des fonds fédéraux jugé pertinent, à une date donnée, par chacun des membres du FOMC.

Sa dernière publication, en mars 2015, a ému les marchés, qui y ont vu, au moins dans un premier temps, un signe de report probable de la première hausse de taux, puis une remontée plus lente encore qu'anticipé. Il est vrai que le taux moyen était, pour les échéances comparables, plus bas qu'un trimestre plus tôt. Mais il faut rappeler que Mme Yellen avait relativisé l'importance à accorder à ce graphique. On comprend pourquoi : aussi bien les estimations des membres votants que celles des non-votants apparaissent, et il ne s'agit donc pas d'un vote ; de plus, sauf erreur de notre part, ces estimations sont fournies avant la réunion proprement dite du FOMC, qui peut faire changer d'avis un participant : ainsi on observe, sur le graphique de mars 2015, que deux membres n'envisagent pas de hausse des taux en 2015, alors que la mention qu'il fallait être « patient » avant tout relèvement a été supprimée à l'unanimité. Ces deux « colombes » ne votaient pas ou bien ont été convaincues... On estimera que l'on donne trop dans l'exégèse, et on aura raison : ce qui compte est l'état de l'économie réelle (emploi et inflation au premier chef, puisque c'est sur eux que porte le double mandat de la banque centrale américaine). On touche peut-être là aux limites du guidage prospectif (forward guidance), qui a pourtant été d'une grande efficacité dans la période récente, en donnant au marché et à l'économie des signaux clairs sur la politique à venir, malgré un environnement agité et des politiques exceptionnelles. Si les marchés se mettent à scruter d'aussi près le déplacement d'une virgule dans un communiqué ou d'un point sur un graphique, cela devient sans doute excessif. Le vice-président de la Réserve fédérale, Stanley Fischer, a résumé cela en disant qu'il y a deux choses certaines dans le futur guidage avancé, c'est que la politique monétaire répondrait au double objectif de la banque centrale, et qu'elle dépendrait des données.

 

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