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Covid-19 peut-il se comparer à la catastrophe du Tõhoku ?

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Revue Banque n°842

Services financiers : Faut-il avoir peur des BIG TECHS ?

On a beaucoup parlé du SRAS, ces derniers temps, pour effectuer des comparaisons avec le coronavirus. On sait maintenant que ce n’est guère pertinent : tant d’un point de vue sanitaire qu’économique, Covid-19 est évidemment plus grave.

Parlons alors de la catastrophe du Tõhoku. Le 11 mars 2011, on se souvient qu’un violent séisme d’une magnitude de 9,1 sur l’échelle de Richter frappa la côte Pacifique de Tõhoku au nord-est de l'île de Honshu. À la suite de ce tremblement de terre, l’un des plus forts depuis 140 ans, un tsunami atteignant par endroits près de 30 mètres déferla sur les côtes de la province de Sendei et de Fukushima, pour s’enfoncer jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres. À l’origine de 80 % des pertes humaines, le tsunami entraîna aussi un accident nucléaire lié à une panne du système de refroidissement de plusieurs centrales.

L’impact de ce « monstre à trois têtes » pour reprendre l’expression japonaise (tremblement de terre, tsunami, catastrophe nucléaire de niveau 7) fut considérable : près de 16 000 morts, 200 000 déplacés et un coût économique total de l’ordre de 200 milliards de dollars, soit le double de l’ouragan Katrina en 2005.

C’est, à notre connaissance, la plus grande catastrophe naturelle de cette décennie, avant le coronavirus.

Mais au « petit jeu » des comparaisons, il y a trois différences fondamentales.

L’une, plus rassurante, est que le rebond de l’économie chinoise sera probablement plus rapide que celui de l’économie japonaise il y a 9 ans. Pourquoi ? Tout simplement parce que, en 2011, l’appareil de production avait été entamé pendant plusieurs mois (nécessité de reconstruction d’infrastructures et d’unités de production, difficultés logistiques et de transport, risque nucléaire, pénuries d’énergie…).

Il y a, hélas, deux différences plutôt aggravantes :

  • la première est que l’impact de la catastrophe du Tõhoku frappa avant tout la région du nord-est du Japon, qui ne représentait que 8 % du PIB japonais (même si elle a eu des répercussions au-delà). Aujourd’hui, même si l’épicentre de la crise sanitaire se situe dans le Hubei, ce sont environ les trois quarts de l’économie chinoise qui sont affectés par des mesures de restrictions à la production et à la circulation ;
  • la deuxième différence aggravante est bien sûr que le poids de la Chine dans l’économie mondiale est aujourd’hui beaucoup plus important (19 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat) que celui du Japon en 2011 (à peine 5 %). En outre, si, à l’époque du Tõhoku, l’impact sur les chaînes de valeurs mondiales ne fut pas nul, il sera aujourd’hui bien plus important au regard du développement même de ces chaînes.
 

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