Économie

Brexit: 2 mois après, quoi de nouveau ?

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°799

FinTech : quel cadre réglementaire ?

En termes d’agenda tout d’abord, la question du leadership politique britannique a été réglée plus rapidement que prévu. Le nouveau Premier ministre (Theresa May) et son cabinet se sont installés le 13 juillet au lieu du 9 septembre. De ce point de vue, on a gagné en lisibilité, même si la stabilité et la cohérence de cette équipe seront évidemment testées au cours des prochains mois. Autre point de clarification en termes d’agenda : il semble que la position conciliante d’Angela Merkel de laisser du temps au Royaume-Uni pour déclencher la procédure de l’article 50, l’emporte en Europe. Il ne faut donc pas s’attendre à une notification officielle avant la fin de l’année.

Du nouveau ensuite en termes macro sur l’économie britannique. La publication des PMI de juillet (indices des directeurs d’achats) a crédibilisé une probabilité d’entrée en récession (ou, du moins, de fort ralentissement) d’ici quelques mois, ce qui constitue un catalyseur pour une politique économique plus accommodante en Grande-Bretagne.

Car c’est un troisième élément nouveau, le changement d’orientation de politique économique s’est amorcé au Royaume-Uni. Dès le début août, la Banque d’Angleterre a annoncé des mesures de soutien à son économie, légèrement supérieures aux attentes : (i) baisse de 25pb de son taux directeur ; (ii) achats de Gilts à hauteur de 60 milliards de Livres sur 6 mois ; (iii) achats d’obligations privées pour 10 milliards sur les 18 prochains mois ; (iv) « Term Funding Scheme » qui permettra aux banques de se financer (jusqu’à 4 ans) à un taux attractif (proche du bank rate).

Du côté de la politique budgétaire, les premières déclarations du Chancelier de l’échiquier, Philip Hammond, signalent à la fois pragmatisme et flexibilité : abandon de la stratégie d’austérité budgétaire antérieure, puis possibilité d’utiliser activement l’arme budgétaire dès l’automne prochain en fonction des circonstances.

Quatrième point : les positions britanniques restent fermes sur l’immigration. Autrement dit, le respect des quatre libertés (marchandises, services, capitaux, hommes) comme condition pour l’accès au marché unique, principe récemment rappelé par l’Union européenne, risque de se heurter dès la rentrée à l’intransigeance britannique.

Nous ne sommes qu’au début du processus et seuls l’attitude proactive des banques centrales et les discours conciliants des autorités politiques ont permis de limiter l’impact sur les marchés.

 

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