Change et taux

Banques centrales : un équilibre délicat...

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Revue Banque n°811

Blockchain : l’utopie à l’épreuve des premiers tests

Fin juin, les marchés se sont soudain persuadés que les banquiers centraux du monde entier s’étaient mis d’accord pour mener des politiques moins accommodantes. Les déclarations de Mario Draghi à Sintra (Portugal) – il y a expliqué que les forces déflationnistes avaient désormais cédé le pas à des forces « reflationnistes » – puis celles des gouverneurs des banques d’Angleterre et du Canada, ont achevé de convaincre les plus sceptiques : en dix jours, les taux à dix ans du Trésor américain sont remontés de plus de 25 points de base.

Mi-juillet, l’audition de Janet Yellen par le Congrès était donc particulièrement attendue, d’autant que quelques jours plus tôt la gouverneure Lael Brainard avait déclaré que la Réserve fédérale allait « très prochainement » commencer à réduire la taille de son bilan. Dans une économie toujours plus proche du plein-emploi, l’opération est logique. Convaincre les marchés qu’elle n’implique pas un durcissement plus sévère qu’attendu de la politique monétaire n’en est pas moins délicat. En rappelant, à plusieurs reprises devant le Congrès, que l’inflation restait inférieure à son objectif et que le taux des Fed Funds était maintenant proche du taux neutre, Janet Yellen a fait de son mieux.

Il va toutefois lui falloir continuer de faire preuve d’habileté car sa consœur européenne ne va pas lui faciliter la tâche : si, comme on peut l’attendre, la BCE annonce bientôt réduire encore le rythme auquel son bilan s’accroît, les marchés risquent à nouveau de penser qu’un resserrement « coordonné » des conditions monétaires est engagé…

 

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