Réglementation

Y’a pas le feu au TLAC…

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°783

Conformité : entre prévention et sanctions

Alors que la nouvelle règle du TLAC (voir Encadré) n'est pas encore stabilisée, le marché cherche à évaluer son coût pour les établissements systémiques. Julien de Saussure, gérant obligataire chez Edmond de Rothschild Asset Management France, souligne que « les résultats 2014 des grandes banques françaises donnent une information sur les estimations élaborées par les établissements eux-mêmes. Toutefois, ces calculs me semblent optimistes. Le TLAC n'étant pas finalisé, il laisse place à des hypothèses pas toujours très réalistes. Le marché lui-même me semble sous-estimer les coûts qu'engendreront cette réglementation. » Pour Jérôme Legras, directeur de la recherche d'Axiom, « le texte est encore trop flou pour pouvoir calculer son impact exact sur les banques ».

Le marché n'exerce pas pour le moment de pression sur les banques. Il est vrai que le dernier G20 (à Brisbane les 15 et 16 novembre 2014) a adouci le texte et décidé de laisser passer un an avant de fixer le calibrage définitif du TLAC qui n'entrera en vigueur qu'en 2019. Il n'y a donc pas d'urgence : comme le rappelle Jérôme Legras, « le TLAC n'est pas pour tout de suite ! ». Les banques disposent d'un an pour voir si elles génèrent suffisamment de résultat pour renforcer leur Core Tier One organiquement. Pourtant, Julien de Saussure note que « Crédit Agricole tient à montrer qu'il satisfait d'ores et déjà aux exigences du TLAC grâce notamment à ses émissions de T2 [1] ».

[1] Dette éligible au TLAC, c’est-à-dire permettant d’absorber des pertes.

 

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