Brexit

La négociation s’annonce haute en couleur

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°799

FinTech : quel cadre réglementaire ?

Michel Barnier : c’est la personnalité choisie le 27 juillet 2016 par Jean-Claude Junker pour négocier la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Celui qui a tenu le poste de Commissaire au marché intérieur et aux services financiers de 2010 à 2014 et donné naissance à de nombreuses réglementations bancaires et financières n’est guère apprécié au sein de la City. « Michel Barnier est très dogmatique, intransigeant et rigide et n’a pas de qualités de négociateur », juge un banquier français travaillant à Londres. Or les sujets financiers seront omniprésents lors de la négociation. Les milieux financiers britanniques perçoivent cette nomination comme un signe de grande fermeté, voire comme une provocation, de la part de la Commission.

Face à Michel Barnier, trois membres du gouvernement britannique sont concernés par la négociation du Brexit :

  • Boris Johnson, qui a obtenu le portefeuille des affaires étrangères ;
  • Liam Fox, en charge du commerce international ;
  • David Davis, le ministre spécifiquement en charge de négocier le Brexit.

Pour l’instant, l’interlocuteur privilégié de Michel Barnier semble être David Davis. Mais ce dernier pourrait estimer que son interlocuteur doit être Jean-Claude Junker et nommer quelqu’un face à Michel Barnier. Le nom de Jonathan Hill circule à la City.

L’impréparation du nouveau gouvernement britannique inquiète des milieux d’affaires qui se demandent comment la nouvelle équipe va mener cette négociation d’une très grande complexité. Pour combler ses lacunes, le gouvernement de Theresa May serait en train de recruter des centaines de consultants.

Quant à la date à laquelle sera activé l’article 50, et qui marquera le top départ des négociations, elle fait toujours l’objet d’intenses spéculations. Seule certitude : pas avant la fin de 2016. Mais quand ? Certains observateurs estiment que le gouvernement britannique doit attendre que les élections françaises (printemps 2017) et allemandes (automne 2017) soient passées pour éviter un changement d’interlocuteurs en cours de négociations. Mais d’autres signalent que de nouvelles élections auront lieu au Royaume-Uni en 2020. Ces calendriers électoraux font apparaître un créneau de 2 ans (2018 et 2019) pour négocier. Toutefois, cette durée de 2 ans (prévue par l’article 50) sera sans doute insuffisante pour boucler l’ensemble de la négociation. Certains parlent de six ou sept ans ! S.G.

 

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