Shadow Banking

La liquidité des non-banques, nouvelle priorité de la réglementation 10 ans après la crise

Le dossier de Revue Banque n° 822 de juillet-août 2018 aura pour sujet : « 10 ans après la crise, où en est-on ? »

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°821

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Si le paysage de la finance et celui de la réglementation ont beaucoup changé depuis dix ans, il reste des zones d’ombre qui peuvent laisser craindre qu’une nouvelle crise est toujours possible. Le shadow banking, tenu en partie pour responsable des déséquilibres qui ont participé à la crise de 2007-2008, a crû en volume. Le financement non bancaire pesait 160 000 milliards de dollars fin 2016 selon le Conseil de stabilité financière (FSB), soit près de la moitié des actifs détenus par les institutions financières dans le monde, contre 40 % en 2008. Et les seules activités considérées comme risquées pour la stabilité financière pesaient 45 000 milliards de dollars fin 2016.

Si la définition et le périmètre du shadow banking sont pluriels et soumis à interprétation, une meilleure connaissance de ses entités et l’évaluation de ses risques intéressent les régulateurs. D’autant que la finance non bancaire et les acteurs traditionnels de la banque et de l’assurance, bien plus régulés, sont de fait interconnectés, et que leurs interconnexions peuvent revêtir un caractère systémique.

« Après l’achèvement de la réforme Bâle III en décembre 2017, la priorité de la réglementation financière n’est plus la solvabilité des banques, mais bien la liquidité des non-banques », assurait François Villeroy de Galhau fin avril lors d’une conférence sur « La finance hors banques : tendances et enjeux » à l’occasion de la sortie du numéro de la Revue de stabilité financière sur le sujet. Le gouverneur de la Banque de France a fait part de ses priorités de régulateur : mieux connaître les acteurs du shadow banking, mettre en place un dispositif de macrostress tests de liquidité, et réglementer. « Le secteur non bancaire doit être doté d’une réglementation microprudentielle et macroprudentielle adaptée à son fonctionnement et à ses risques », estime François Villeroy de Galhau.

 

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