Accords commerciaux

Les tweets de Trump bousculent le gouvernement britannique

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Revue Banque n°815

Numéro double 815-816 : Prospective 2018 - Rétrospective 2017

« Une relation spéciale. » C'est ainsi qu'est qualifié le lien entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Et le gouvernement britannique compte bien, depuis le référendum sur le Brexit, resserrer les liens avec l’allié américain [1], puisque ceux qu’il avait noués avec l’Europe continentale sont appelés à se distendre (voir Encadré). Mais il n'est pas facile de se rapprocher des États-Unis au moment où son Président s'appelle Donald Trump et manie Twitter sans modération. Ses tweets du 29 novembre dernier (qui retweetaient des vidéos diffusées initialement par une figure de l'extrême droite britannique) ont même compromis son déplacement à Londres en janvier 2018. Toutefois, selon Fabrice Montagne, économiste chez Barclays, « l'accord commercial avec les États-Unis, que le Royaume-Uni cherche à obtenir, est encore à l'état de projet et ne sera vraiment impacté par les chefs d’états et de gouvernements que dans sa phase finale. » Les efforts du gouvernement britannique vont donc se poursuivre pour obtenir un accord dans les meilleurs délais, mais le rapport de forces demeure très déséquilibré, le Royaume-Uni étant qui plus est actuellement fragilisé par les incertitudes qui pèsent sur sa relation future avec l'Europe à 27. « De toute manière, un accord portant également sur les services est à double tranchant, car il pourrait accroître la concurrence de la place de New-York face à Londres, prévient Fabrice Montagne. Du côté américain, il est régulièrement affirmé qu'il n'y aura accord que si ce dernier est profitable aux États-Unis ; or, ceux-ci vont demander au Royaume-Uni d'ouvrir certains de ses marchés, notamment son marché financier. » L’avenir dira si, avec le Brexit, le Royaume-Uni a lâché la proie pour l’ombre. S.G.

 

[1] Les États Unis sont le second partenaire commercial des britanniques puisqu'ils représentent 15 % des exportations du Royaume Uni avec le reste du monde. Le marché unique représente lui pratiquement 50 % (source : OMC-WTO).

 

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