Prêts non performants

Les NPL pourraient se multiplier

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°858

BCE : Le verdissement qui vient

Alors que les prêts non performants (NPL) étaient sur une tendance baissière depuis 2015 dans les bilans bancaires, KPMG estime, en s’appuyant sur son étude « Navigating European Distressed Markets », que le montant de ces actifs pourrait croître de façon substantielle entre 2021 et 2022 : il atteindrait 588 milliards d’euros en Europe [1], soit une augmentation de 41 % par rapport au troisième trimestre 2020. Les pays les plus concernés par l’augmentation seraient l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande. Ces projections n’ont bien sûr rien de définitif : l’évolution réelle de la qualité des créances évoluera en fonction du rythme de la reprise économique, de l’ampleur et de la pertinence des plans de relance ainsi que de la durée pendant laquelle les mesures de soutien public seront maintenues.

Face à cette tendance, KPMG anticipe un regain d’intérêt de la part des acquéreurs et des gestionnaires de dettes. Il existe en effet un marché secondaire sur lequel les banques cèdent leurs créances et notamment leurs NPL. Les autorités européennes souhaitent favoriser ces transactions, notamment via des mesures proposées dans le plan d’action publié le 16 décembre dernier par la Commission. Parmi ces mesures, la création de « bad banks » dénommées Asset Management Companies (AMC) est préconisée. Il s’agirait d’un réseau d’AMC nationales,  la création d’une « bad bank » européenne ne faisant pas consensus.

 

[1] KPMG ne retient que les principales économies de l’Union européenne : France, Italie, Allemagne, Espagne, Grèce, Portugal et Irlande.