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Les marchés dans l'attente du verdict de l'AQR européen

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°765

La loi bancaire : la France précède l'Europe

Le monde en sait plus depuis le 23 octobre sur l’évaluation de la qualité des actifs (AQR – Asset Quality Review) des banques européennes à laquelle la Banque Centrale Européenne (BCE) va se livrer, de début novembre à octobre 2014. Elle sera entamée avant la réalisation de stress-tests effectués par la BCE avec l'EBA (Autorité bancaire européenne), également prévus pour fin 2014.

« L’évaluation sera fondée sur une valeur de référence de 8% de fonds propres de catégorie1 », précise la BCE, selon laquelle le Ratio Core Tier 1 de la plupart des banques européennes est proche de 12 %. Ce ratio est plutôt de 9 à 9,5 % selon le marché, qui raisonne en fonction des normes qui seront en vigueur en 2019 (Bâle III). « Le marché va sans doute penser que la barre n’est pas placée très haut avec ce seuil de 8%, et que cela n’est pas une bonne chose. Mais c’est l’écart naturel entre le marché et les régulateurs », commente Jean-Baptiste Bellon, analyste financier chez Trapeza Conseil.

L’AQR va concerner tous les types d’actifs au 31 décembre 2013, y compris les prêts douteux, les prêts restructurés et l’exposition aux dettes souveraines. Selon Jean-Baptiste Bellon, « la petite surprise, ce sont les titres d’État. Ce peut être une source de fragilité pour des banques espagnoles et italiennes. » L’examen des 128 banques (leur nombre définitif sera arrêté en 2014) se fera selon une méthode centralisée à la BCE. « Le process correspond à ce que l’on attendait. Nous avons une méthodologie sérieuse. L’évaluation se fera de manière transparente et homogène, avec des définitions harmonisées. Ce qui est surprenant dans le document de la BCE est qu’il n’y a rien sur les stress tests. Or c’est ce qui intéresse les marchés », analyse Jean-Baptiste Bellon, qui ne déplore pas, par ailleurs, le choix du cabinet Oliver Wyman pour épauler la BCE : « Celle-ci n’était pas en capacité de le faire aujourd’hui. La BCE a annoncé des recrutements mais ne possède pas de superviseurs ou de régulateurs. Elle ne pouvait demander qu’à la Fed ou à un cabinet privé. » Pour l'analyste, Oliver Wyman a fait ses preuves en évaluant les besoins de recapitalisation du secteur bancaire espagnol en 2012. Reste à attendre pour savoir si des banques européennes auront besoin de recapitalisation selon les critères de la BCE, le futur superviseur européen.

 

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