Risque opérationnel

La leçon Kerviel

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Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°303

Réduire le risque : la nouvelle obsession

Le mois prochain va s’ouvrir le procès en appel de Jérôme Kerviel. Cet ancien trader n'a détourné aucune somme d’argent, mais il a fraudé le système de contrôle interne de la Société Générale afin de dissimuler ses positions qui entraînaient une prise de risque démesurée pour la banque.

Même si, en première instance en octobre 2010, le trader a été jugé seul responsable de la perte de 4,9 milliards d’euros, cela n’a pas empêché les établissements bancaires de tirer des leçons de cette fraude géante. D’abord, la crise favorise ce type d’accident : « En période de crise, les incidents de risque opérationnel peuvent prendre de l’ampleur, note Stéphane Mangiavacca, directeur des risques de la BRED. Selon les informations publiques disponibles, sans la forte volatilité des marchés liée à la crise, le débouclement des positions de Kerviel n’aurait jamais été aussi perdant. »

De plus, l’affaire Kerviel a été l’occasion d’une introspection généralisée. « Comme tous les établissements, la BRED a analysé ses procédures internes au regard des risques de fraude évoqués dans le rapport Lagarde publié à la suite de l’affaire Kerviel, pour s’assurer que les contrôles étaient efficaces en la matière et en renforcer la formalisation, poursuit le banquier. Ce rapport a été riche d’enseignements. »

Cela n’a toutefois pas mis fin au rogue trading [1], comme l’a démontré Kweku Adoboli, surnommé « le Kerviel d’UBS » et qui aurait fait perdre près de 2 milliards de dollars à la banque suisse en septembre 2011. Un amateur, à côté du Français qui doit rembourser près de 5 milliards d'euros à Société Générale. C’est cette peine que le trader va contester devant les tribunaux. S.G.

[1] Le « rogue trader » est un opérateur de marché rebelle.

 

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