Finance verte

La France a ouvert le bal de stress-tests climatiques qui seront renouvelés et améliorés

La méthodologie des premiers stress-tests climat menés par la France est appelée à évoluer. Banque d’Angleterre et BCE vont également publier les résultats de leurs exercices.

Les stress tests climat de l'ACPR concluent à une exposition modérée des banques françaises

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°857

GESTION D’ACTIFS : La déferlante de l’investissement responsable

C’était une première, et ce ne sera pas la dernière. La « première évaluation des risques financiers dus aux changements climatiques » a rendu ses conclusions en France début mai. Préparés par l’ACPR depuis juillet 2019, ces stress-tests climatiques ont été menés entre juillet 2020 et avril 2021 sur la base de scénarios établis par le GIEC et le NGFS. Ils portent sur l’exposition à une cinquantaine de secteurs économiques et sur un horizon de 30 ans, alors que la France vise l’objectif de neutralité carbone en 2050. 9 groupes bancaires représentant 85 % du total du bilan bancaire y ont participé sur la base du volontariat (ainsi que 15 compagnies d’assurance).

« L’exercice fait apparaître une exposition des banques modérée au risque de transition », a conclu Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France, lors de la présentation des résultats le 4 mai. Les secteurs les plus touchés par le changement climatique représentent 9,7 % du portefeuille corporate des banques au 31 décembre 2019. Autre constat : le coût du risque est attendu en hausse par les établissements de crédit dans tous les scénarios, du fait de l’évolution de ce coût du risque dans les secteurs les plus sensibles aux changements climatiques et de la hausse du prix du carbone à partir de 2025. Dans le scénario de transition ordonnée, le coût du risque atteindrait 15,8 points de base (bps) en 2050, en hausse de 22,4 % par rapport à 2025. Dans le scénario le plus adverse, il augmenterait de 32,4 % pour atteindre 17,2 bps en 2050.

La présentation de ces résultats a été assortie de messages de prudence de la part de l’ACPR concernant une méthodologie appelée à évoluer. Les résultats seraient notamment sous estimés du fait d’une méthodologie simplificatrice. « Les résultats sont relativement fragiles d’un point de vue qualitatif mais vont progresser dans les exercices ultérieurs », a estimé Jean-Paul Faugère, vice-président de l’ACPR.

La Banque d'Angleterre devait lancer ses stress tests climat en juin 2021. La BCE termine ses stress tests climat macroprudentiels mi 2021 et effectuera ses stress tests climatiques microprudentiels en 2022 dans le cadre du mécanisme de supervision unique (MSU). Enfin, ACPR et Banque de France prévoient de renouveler leur exercice en 2023 ou 2024.

Le dossier du n° 858 de Revue Banque de juillet-août 2021 sera consacré à la prise en compte des enjeux climatiques par la BCE.

 

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