Cop22

La finance verte africaine émerge

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°802

Ressources humaines : l'impact du digital

« L’enjeu était de donner une orientation africaine au grand mouvement de la finance verte amplifié depuis 2015 », estime Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, au lendemain de la Cop22, la conférence annuelle sur le climat qui s’est achevée le 18 novembre. Pour la première fois, la Cop a eu lieu sur le continent africain, au Maroc, alors que l’Afrique fait partie des régions les plus vulnérables au changement climatique.

« Les besoins en financement sont identifiés. Il y a l’amorce d’un mouvement et des engagements solennels ont été pris », résume Anne-Catherine Husson-Traore. Des acteurs locaux, des structures parapubliques davantage que des acteurs privés, ont adopté des stratégies de recherche de conformité avec un scénario de limitation à 2 degrés du réchauffement. Un réseau d’investisseurs qui gèrent plus de 100 milliards de dollars d’actifs a ainsi été lancé par la Caisse des dépôts du Maroc avec celles du Gabon, du Sénégal de la Tunisie, de la Mauritanie, l’Agence française de développement (AFD), la CDC française et un fonds de pension du Nigeria, Pencom, en vue de mobiliser l’épargne pour une Afrique zéro carbone.

« Pourquoi le capital privé des banques et des grands investisseurs institutionnels continue-t-il à aller massivement vers les obligations à taux négatifs d’États européens, sous prétexte qu’ils sont bien notés au plan financier ? », s’est par ailleurs demandé Sean Kidney, fondateur de la Climate Bonds Initiative, lors du Climate Finance Day le 4 novembre à Casablanca. « Pour financer les infrastructures nécessaires à l'adaptation, il faudrait faire évoluer le cadre règlementaire afin de faciliter la réorientation des flux de financement vers la transition et l'adaptation », répond Anne-Catherine Husson-Traore. Mal notés, les investissements dans des projets verts en Afrique sont considérés comme trop risqués. Les green bonds sont un moyen de verdir les économies émergentes et plusieurs annonces ont été faites à la Cop22. Deux obligations vertes ont été lancées au Maroc, il y a un projet d’émission d’État au Kenya, et un autre projet en Afrique du Sud. Et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a également publié un guide de recommandations pour le développement des green bonds africains. L.B.

 

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