Finance climat : une dynamique mondiale

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Revue Banque n°831

L’ouverture au prix de la conformité

Les propositions pour le financement de la transition énergétique se multiplient. Ainsi, le « Plan finance climat » de l’économiste Pierre Larrouturou et du climatologue Jean Jouzel (« Transition énergétique – Les propositions du Pacte Finance Climat observées de près à la BEI », Revue Banque n° 830, p. 6), présenté au Conseil européen les 21 et 22 mars, prône un plan d’investissement inédit qui permettrait d’injecter 1 000 milliards d’euros dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec la création d’une banque européenne du climat qui prêterait aux États à taux zéro. Ce terme de « banque européenne du climat », a été repris par Emmanuel Macron dans sa tribune diffusée le 5 mars aux Européens et a fait réagir Philippe Zaouti, pour qui « la création d’une nouvelle institution européenne dédiée au climat serait un signal fort. Elle doit rester néanmoins totalement liée à la BEI qui réalise déjà 1/4 de ses investissements en faveur du climat, proportion qui doit augmenter ». Mais, comme il l’a démontré dans son rapport remis à François de Rugy et Bruno Le Maire et corédigé avec Pascal Canfin, « la dépense publique seule n’est pas la solution ». Il faut selon lui mettre en pratique une finance mixte à tous les niveaux : global avec les Banques de Développement, européen avec une Banque du Climat, et français avec France Transition.

Cette finance mixte a été plébiscitée par les intervenants du One Planet Lab, qui a réuni le 4 mars à Paris des personnalités de la recherche, de l’industrie et des économistes, sous le parrainage notamment de Nicholas Stern (ancien VP de la Banque Mondiale connu pour le rapport Stern de 2006 qui chiffrait le prix de l’inaction climatique) afin de réfléchir aux actions à mener en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, de la protection des océans, de la préservation de la biodiversité et de la mobilisation de la finance. Leurs idées, qu’ils ont présentées au Président, pourront être reprises pour préparer certaines échéances internationales de 2019, en particulier le sommet du G7 à Biarritz en août et le sommet sur le climat de l'ONU à New York en septembre.

Le pacte social et écologique, signé par Laurent Berger et Nicolas Hulot le 5 mars, propose notamment de « conditionner les aides publiques aux entreprises », pour les rendre « solidaires de leur territoire » et favoriser la transition écologique et réclame des « mobilités plus durables » pour « sortir de la dépendance aux énergies fossiles » en adoptant « une trajectoire de la taxe carbone compatible avec l’accord de Paris » et en reversant « l’ensemble des recettes de la fiscalité écologique aux ménages et au financement de la transition ».