Politique monétaire

Examen réussi pour les banquiers centraux

Bilans de la FED et de la BCE

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°860

Covid-19 : accélérateur de tendances

Lors du symposium de Jackson Hole, fin août, Jerome Powell, le patron de la Réserve Fédérale américaine (FED) n’avait en rien changé sa politique monétaire. Tout au plus avait-il annoncé que la baisse des achats de titres par son institution, phénomène décrit sous le terme de "tapering", pourrait débuter d’ici la fin de l’année, et non en début d’année 2022 comme précédemment anticipé. Les marchés financiers avaient bien réagi à cette annonce.

Il a été de même le 9 septembre, suite à la réunion bimestrielle de la Banque Centrale Européenne (BCE). Christine Lagarde avait pourtant des changements à annoncer, notamment de moindres achats de titres dans le cadre du programme PEPP, le Pandemic Emergency Purchase Programme, mis en œuvre en mars 2020 pour éviter tout problème de financement en pleine crise sanitaire.

Doté d’une enveloppe globale de 1850 milliards, ce programme permettait jusqu’alors des achats mensuels à hauteur de 80 milliards. À l’unanimité, le conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de "éduire légèrement son montant", sans chiffrage précis. "Cette décision satisfait les Allemands, sans prendre trop de risque, ce programme approchant de son échéance", explique l’économiste indépendante, Véronique Riches-Flores.

L’annonce est passée comme une lettre à la Poste. Il faut dire que Christine Lagarde a tout fait pour désamorcer d’éventuelles inquiétudes. "The Lady isn’t tapering, she’s recalibrating", dit-elle en conférence de presse. Une efficace référence à un discours de Margaret Thatcher. Une curieuse référence également de la part d’une banquière centrale réputée colombe à une dame de fer! Surtout, cette décision semblait acter une politique déjà mise en œuvre, les achats de la banque centrale européenne dans le cadre du PEPP ayant déjà été minoré cet été par rapport à la période passée.

A l’évidence, les marchés avaient envie de voir le bon côté des choses. Peu d’opérateurs ont ainsi noté que la BCE avait fait, cet été, l’inverse de ses annonces. Pour mémoire, en juillet, il avait été annoncé que "les achats au titre du PEPP se poursuivr[aient] à un rythme nettement plus élevé pendant le trimestre en cours que lors des premiers mois de l’année".

L’Europe commence à lever le pied sur ses achats de titres. Il faut dire que la taille du bilan de la banque centrale est très élevée au regard du PIB (voir graphique). Aux États-Unis, le mouvement devraient s’engager un peu plus tard. "Bientôt" dit la Fed, avec l’ambition de stopper les achats vers la mi-2022. Par ailleurs, la première hausse des taux pourrait intervenir plus tôt que prévu, la moitié des membres de la Fed, prévoyant un mouvement en 2022. Le tapering ne débutant pas en octobre, le marché a salué ces annonces.

 

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