Croissance

Le capital-risque choyé par le plan Junker

L'auteur

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°783

Conformité : entre prévention et sanctions

Lors de la visite du vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, dans l'Hexagone, les 12 et 13 mars dernier, la France a voulu montrer au maître d'œuvre du plan Junker [1] que l'investissement ne signifie pas seulement pour elle la construction de routes et de ponts, mais aussi l'accompagnement des PME et ETI, et plus particulièrement des start-up de l'économie numérique. La France offre l'écosystème nécessaire à l'éclosion de « jeunes pousses » mais elle ne leur permet pas d'accéder au niveau international. En effet, quand ces entreprises ont besoin de montants importants – des investissements en capital supérieurs à 10 millions d'euros environ –, elles doivent le plus souvent se tourner vers des investisseurs américains. Pour permettre aux start-up de se financer en Europe, la France préconise de favoriser, grâce aux montants déployés par le plan Junker, l'émergence de fonds de capital-risque de grande envergure – environ 300 millions d'euros.

La BEI soutient d'ores et déjà le capital investissement au travers du FEI (Fonds européen d'investissement), mais le plan Junker devrait apporter une autre philosophie, celle d'une prise de risque plus importante. « Avec le fonds de garantie du plan [Junker, ndlr], 16 milliards d'euros provenant du budget de l'union européenne doivent permettre à la BEI de prendre des risques, d'absorber des pertes », souligne une source à Bercy.

La France souhaite que les premiers financements voient le jour cet été. Pour tenir cet agenda, Bercy compte sur une adoption définitive en juin du règlement qui crée le Fonds européen pour les investissements stratégiques. Dans son état actuel (approuvé par le Conseil), le projet de règlement prévoit une certaine décentralisation dans la gestion des projets. Certes le financement des grosses infrastructures sera géré depuis Luxembourg par la BEI, mais pas les prêts accordés aux PME qui eux seront confiés à des acteurs nationaux (par exemple, la Caisse des dépôts en France).

Pour l'instant, le plan Junker ne prévoit pas de consacrer plus de 5 milliards à l'investissement en equity. Bercy milite pour faire grossir cette enveloppe, mais doute d'y parvenir avant cet été.

[1] Le plan Junker a pour objectif de générer en Europe 315 milliards d’euros d’investissements.

 

Articles du(des) même(s) auteur(s)

Sur le même sujet