Politique monétaire

La BCE bientôt dans les pas de la Fed

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°809

Crédit aux PME : de nouvelles tendances émergent

La divergence entre la politique très accommodante de la BCE d’une part et le durcissement mené depuis plus de trois ans par la Fed d’autre part arrive bientôt à son terme. En effet, la BCE va prochainement normaliser sa politique. Selon Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management, « l’amélioration de la conjoncture européenne permet d’anticiper que les premières mesures concrètes marquant le début de la normalisation de la politique monétaire de la BCE seront prises au début de l’année 2018 ». Même calendrier pour Christian Parisot, d’Aurel BCG. Les premières mesures que prendra la BCE viseront à réduire ses achats d’actifs sur les marchés (environ 60 milliards d’euros chaque mois en ce moment). Viendra ensuite la hausse du taux directeur mais pour cette mesure, le calendrier est plus difficile à établir ; les marchés comptent toutefois sur une remontée très progressive des taux. Christian Parisot prévient : « Si Mario Draghi nous disait qu’il y a un risque d’inflation et qu’il augmente les taux rapidement, ce serait un bain de sang sur le marché obligataire. »

Mais avant d’en arriver aux mesures concrètes, la BCE va préparer les marchés en modifiant légèrement sa communication. Frederik Ducrozet imagine que les premiers signaux pourraient inclure un jugement plus optimiste, dans les communiqués de la BCE, sur le contexte économique et surtout la suppression de la phrase indiquant que la BCE ne s’interdit pas de baisser les taux d’intérêt directeurs : « Cette phrase, présente depuis janvier 2016 dans les communiqués de la BCE, fait partie des éléments qui pourraient disparaître quand la BCE voudra faire comprendre au marché que la normalisation progressive de sa politique accommodante est imminente. »

La BCE va donc imiter la Fed qui, elle, a terminé son tapering : « elle a cessé tout achat d’actifs, précise Christian Parisot. Les obligations qui arrivent à maturité sont certes remplacées mais cela ne peut pas être considéré comme une injection de liquidités supplémentaires. De plus, la banque centrale américaine a deux fois augmenté son taux directeur, une troisième hausse est attendue pour mi-juin 2017 et une quatrième avant la fin de l’année, selon moi en septembre ; la Fed commence même à envisager de reprendre de la liquidité (une partie des obligations à maturité ne seront pas remplacées) ». La divergence actuelle avec la BCE est donc très importante. La dichotomie aura duré plusieurs années sans vraiment gêner la zone euro. S. G.

 

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