Bâle IV : la méthode Coué des autorités

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Revue Banque n°798

Innovation financière : l’effervescence des pays émergents

La réforme du calcul du dénominateur du ratio de solvabilité en cours au Comité de Bâle conduira-t-elle à une forte hausse des exigences en capital pour les banques européennes ? Les banquiers assurent que leurs premiers chiffrages sont très inquiétants. Côté français, c’est notamment le traitement potentiellement pénalisant des crédits immobiliers qui est en cause. Au point que les politiques s’en mêlent : le Sénat puis l’Assemblée nationale ont ainsi pris l’initiative d’une résolution exigeant formellement que le modèle français soit défendu dans les instances internationales. L’ACPR « est parfaitement en harmonie avec la résolution votée mais nous sommes un face à 24 autres », a souligné Frédéric Visnovsky, son secrétaire général adjoint lors des rencontres annuelles du superviseur le 16 juin. Pour rassurer les banquiers, les régulateurs s’accrochent au mandat donné au Comité de Bâle par le G20 qu’ils répètent comme un mantra : « pas d’augmentation significative des exigences ». Une moyenne qui n’évitera pas les déconvenues de certains établissements très friands de modèles internes et qui pourraient voir leur charge en capital fortement augmenter. Les autorités bancaires françaises sentent-elles que le sujet leur échappe face notamment à des régulateurs américains déterminés à réduire l’usage des modèles internes ? L’ACPR assure en tout cas que la mobilisation se prolongera au moment de la mise en œuvre effective des recommandations bâloises au niveau européen. La deuxième mi-temps se prépare avant même que la première ne soit finie.

 

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