Supervision

Andrea Enria devrait succéder à Danièle Nouy

De nombreux dossiers attendent le prochain président du Conseil de surveillance prudentielle des banques de la zone euro, qui devra imposer son style.

Andrea Enria

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Revue Banque n°826

Les épargnants à l'heure du risque

Le 7 novembre dernier, le Conseil des gouverneurs de la BCE a désigné l’Italien Andrea Enria pour accéder à la présidence du conseil de surveillance prudentielle. L’actuel président de l’Autorité bancaire européenne a créé la surprise en supplantant l’Irlandaise Sharon Donnery, lors du vote. « Celle-ci est considérée plus rigoriste qu’Andrea Enria, note Bernard Pouy, président du Cercle de la régulation et de la supervision financière (CRSF). Peut-être les membres du Conseil des gouverneurs ont-ils considéré qu’il fallait à ce poste une personnalité plus clémente ? » Celui qui fut responsable de la supervision bancaire à la Banque d'Italie, sous la direction du gouverneur Mario Draghi, a la réputation d’un technocrate sérieux et peu démonstratif. « Le plus surprenant, c’est qu’en Europe les banques italiennes ne sont pas les plus respectueuses des critères imposés par la réglementation, souligne Bernard Pouy. Mais Andrea Enria les connaît bien, puisqu’il a travaillé au sein de l’autorité de tutelle italienne. »

Effets de la remontée des taux

Succéder à l’actuelle présidente du conseil de supervision, le 1er janvier prochain, n’aura rien d’une formalité. « En cinq ans, Danièle Nouy a créé le mécanisme de surveillance unique (MSU), staffé les équipes, mis en place les réformes, rappelle Bernard Pouy. Pour lui succéder, il faut une certaine stature. » Les effets de la remontée des taux seront au nombre des dossiers qui s’imposeront au nouveau superviseur en chef des banques de la zone euro. « S’il a été beaucoup demandé aux banques pour renforcer leurs fonds propres et respecter les règles, les États ont continué de s’endetter de manière massive, observe Bernard Pouy. Ce qui représente un risque, que vient renforcer la hausse attendue des taux. » S’ajouteront sans doute à la pile des dossiers : le risque de bulle immobilière, le risque lié aux opérations de crédit à effet de levier, ou la concurrence des FinTechs.

« Nous allons sortir du Quantitative Easing, pour retrouver, peut-être, une politique monétaire plus traditionnelle », prévient Bernard Pouy, qui appelle de ses vœux « une pause dans le train des réformes ». « Il n’est plus possible de continuer à exiger des banques européennes qu’elles soient les meilleurs élèves du monde dans la réglementation, sans rompre l’égalité de traitement et créer une distorsion de concurrence avec les États-Unis. Le moment est venu de définir une stratégie du développement d’activités bancaires en Europe. »

La nomination d’Andrea Enria à la tête de la supervision bancaire de la BCE sera définitive après l’approbation par le parlement européen et par le Conseil de l’Union européenne, dans le courant du mois de décembre.

Géraldine Dauvergne

 

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