Chine

Alibaba au pas ?

Le régime chinois souhaite conserver la puissance des géants du numérique

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Revue Banque n°853

BILANS BANCAIRES : Les cessions de prêts non performants encouragées

Les déboires récents d’Alibaba ont créé une rumeur laissant entendre que la Chine pourrait nationaliser le géant numérique créé par Jack Ma en 1999. Le 20 janvier, après près de trois mois d’absence, ce dernier est apparu dans un discours vidéo très lisse. Il avait « disparu » depuis le 24 octobre, jour de son discours critique sur la finance chinoise lors d’une conférence à Shanghai. Proche des précédents dirigeants, Jack Ma est dans le collimateur du pouvoir actuel qui se méfie de son autonomie. L’entrée en bourse de la filiale de paiements d’Alibaba, Ant Group (Alipay) a été annulée le 2 novembre. « L’idée n’est pas d’amputer la Chine d’un de ses moteurs économiques et de diminuer sa puissance, mais qu’Alibaba évolue toujours dans le même sens, qui est le sens du régime », analyse Julien Maldonato, associé conseil industrie financière chez Deloitte, selon qui cette entrée en bourse est reportée et aura lieu. Le discours de Jack Ma du 24 octobre est intervenu après que le gouvernement chinois a voulu légiférer en septembre pour que les établissements de type Fintech soient soumis à des règles prudentielles plus fortes.

« Le gouvernement chinois souhaite réguler davantage les activités de ces géants du numérique qui ont atteint des positions dominantes uniques au monde. Un draft du régulateur bancaire chinois du 20 janvier évoque le fait que la banque centrale pourrait contraindre un acteur du paiement à diminuer son volume si deux acteurs atteignaient un volume total de plus de la moitié du marché chinois des paiements », précise Julien Maldonato. Alibaba pèse 55,6 % du marché du paiement mobile en Chine, et Tencent, plus docile au régime, 38,8 %. L. B.

 

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