AXA a été l’une des premières entreprises du secteur financier à s’engager pleinement et concrètement dans la lutte contre le changement climatique. Dès 2015, nous avons mis en place une stratégie climat ambitieuse qui couvre à la fois nos activités d’assurance et d’investissement. Cette stratégie reflète notre conviction que notre secteur est un acteur clé de la lutte contre le changement climatique, l’un des rares à pouvoir jouer un rôle à la fois dans l’atténuation de ses causes et dans l’adaptation à ses conséquences.
Une trajectoire de décarbonation
En 2019, nous avons passé un nouveau cap en prenant l’engagement d’aligner le « potentiel de réchauffement climatique » de nos investissements avec les objectifs de l’Accord de Paris. C’est un objectif très ambitieux qui suppose que les entreprises que nous finançons s’engagent elles-mêmes sur une trajectoire de décarbonation, un mouvement que nous pouvons soutenir activement via l’engagement actionnarial. La mise en œuvre de cette stratégie nécessite de développer des outils de suivi adéquats, car ce qui ne se mesure pas ne se pilote pas.
Cet effort méthodologique fait partie intégrante des engagements d’AXA. Nous avons contribué dès sa création aux travaux de la Task Force on Climate-Related Financial Disclosures (TCFD) et œuvrons au sein de la Net Zero Asset Owner Alliance pour le développement de principes méthodologiques communs à l’ensemble de l’industrie. Nos travaux, dont nous rendons compte chaque année dans notre Rapport Climat, nous ont amenés à nous appuyer sur de nouveaux indicateurs comme le « warming potential », qui mesure la contribution de nos investissements à la trajectoire de réchauffement global, exprimée en température, ou encore le « cost of climate » qui estime l’impact que pourrait avoir le changement climatique sur la valeur de nos actifs.
Notre engagement dans la réflexion autour des stress tests climatiques s’inscrit dans cette démarche. C’est un exercice prospectif intéressant pour appréhender les risques liés au changement climatique et leur impact à long terme sur nos activités d’assurance et d’investissement. Nous soutenons en ce sens les initiatives portées par l’EIOPA (European Insurance and Occupational Pensions Authority) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et collaborons aux exercices en cours afin d’en préciser le cadre méthodologique.
Des estimations et projections qui pourraient rapidement devenir obsolètes
Cependant, le succès de ces tests dépendra largement de la manière dont ceux-ci seront calibrés et utilisés. À horizon 2050, il s’agira moins de prévoir l’évolution précise de nos bilans que de tester des scénarios spécifiques sur l’impact du changement climatique. Les conclusions reposeront sur de nombreuses estimations et projections qui pourraient rapidement devenir obsolètes. La qualité des informations utilisées et des indicateurs de suivi retenus sera aussi primordiale. Sans données fiables et adéquates, le risque est de générer des résultats en trompe-l’œil, qui reproduisent les schémas du passé ou peinent à proposer de véritables scénarios prospectifs adaptés à notre industrie.
Il sera donc essentiel de porter une attention particulière aux données. Nous y sommes d’autant plus sensibles que nous déployons depuis plusieurs années d’importants efforts pour améliorer la qualité des données dont nous disposons et la manière dont nous les utilisons, en collaboration avec nos pairs. Nous avons par exemple déployé dès 2007 un outil d’analyse ESG financière et extra-financière qui couvre la quasi-totalité de nos investissements. Au-delà de nos activités, cette démarche ne peut cependant porter ses fruits que si les émetteurs d’instruments financiers sont en premier lieu incités à fournir des jeux de données extra-financières à la fois fiables, exhaustifs et comparables.
Dans cette perspective, les stress tests climatiques ne pourront véritablement contribuer à une meilleure gestion des effets du changement climatique sur l’assurance que si l’ensemble de l’industrie s’implique dans leur développement. Ce sont des instruments expérimentaux qui devront nécessairement être maniés avec prudence mais qui constituent une opportunité d’approfondir la coopération entre assureurs et superviseurs pour anticiper les besoins de protection nouveaux que fait naître le risque climatique. Nous sommes heureux de pouvoir y contribuer, et d’ainsi renforcer notre engagement pour le développement des outils méthodologiques de la finance verte.