Notation des banques : S&P lance un appel à commentaires

Créé le

18.03.2011

-

Mis à jour le

31.03.2011

Les agences de notation sont souvent mises en cause depuis le début de la crise financière. Elles continuent à s’adapter aux nouvelles conditions d’exercice de leur activité, à l’image de Standard & Poors qui propose à la Place financière de réagir à des changements prochains ​dans sa méthodologie de notation des établissements bancaires.

Quelles sont les consultations que vous avez lancées depuis le début de l’année 2011 en matière bancaire ?

Nous avons plusieurs consultations en cours, qui représentent une réflexion importante puisqu'elles sont liées entre elles. Depuis une dizaine d’années, nous évaluons le risque des systèmes financiers de pays où nous notons des banques au moyen d’un indicateur baptisé BICRA (Bank Industry Country Risk Assesment). Cet indicateur représentait jusqu’ici un élément supplémentaire, une analyse parallèle, et servait de contrôle de cohérence pour notre analyse. Il devient, dans notre nouvelle approche, le point de départ de la construction des notations des banques : nous le plaçons en amont de l’analyse individuelle de chaque établissement.

La deuxième consultation en cours concerne la notation du capital hybride ​et cet élément influence notre appréciation de la capitalisation des établissements bancaires.

Enfin, la partie la plus importante de nos appels à commentaires concerne la notation individuelle des banques (ou leur « qualité de crédit intrinsèque »)​ : nous avons mis en place une refonte des différents composants de la notation pour obtenir un ensemble cohérent, pour lequel nous sommes très clairs sur le rôle de chacun des facteurs dans la note finale. Nous rassemblons tout cela dans une construction par étapes :

  • l’étape 1, c’est notre analyse pays, c'est-à-dire le BICRA. Elle représente la vue que nous avons du secteur dans un pays donné ;
  • l’étape 2 consiste à combiner le risque économique et le risque industriel pour avoir une « ancre » pour la notation intrinsèque ;
  • en troisième lieu, nous rentrons dans l’analyse des spécificités de chaque banque, en analysant quatre facteurs qui nous permettent d’apprécier comment une banque se positionne par rapport à l’ancre de départ, à la hausse ou à baisse ;
  • enfin, nous tenons compte du fait que l’établissement est susceptible de bénéficier d’un soutien du gouvernement, pour les banques considérées comme systémiques.

Pouvez-vous détailler plus spécialement les quatre facteurs qui constituent le Stand-Alone Credit Profile (SACP), correspondant à l’étape 3 que vous venez d'évoquer ?

Nous avons déterminé quatre éléments :

  • la « business position », ​ou profil d’activités,·qui ​s’intéresse à la stabilité du fonds de commerce, à la diversité du portefeuille d’activités, à la stratégie ​et à la stabilité du refinancement ;¶
  • le capital et la rentabilité ;¶
  • l’exposition aux risques financiers ;¶
  • la liquidité.¶

Quel est l’intérêt principal de cette nouvelle méthodologie ?

Nous améliorons sensiblement la transparence et la clarté sur la manière dont chacun des facteurs d’analyse participe à la note finale, à l’instar de ce que nous pratiquons pour d’autres secteurs d’activité économique. ​Ce chantier a été amorcé en interne début 2008, sous l’impulsion de la crise financière. Celle-ci a révélé un besoin de pédagogie, une nécessité de rappeler que nous apprécions le risque de crédit et non tout type de risque. Nous ne délivrons pas un label.

Avec cette méthodologie nouvelle, le rôle que nous donnons à l’analyse plus macroéconomique de l’industrie a pour objectif d’être à même de demeurer aussi proactifs que possible lorsque nous identifions des changements de comportement de marché. Cette « ancre » devrait nous permettre de ne pas attendre que ces modifications se traduisent dans les performances.

Enfin, mais ce n’est le moindre des arguments, nous obtenons par l’application de cette méthodologie une meilleure comparabilité pour toutes les notes que nous attribuons, quel que soit le pays d’origine des établissements bancaires. La notation est toujours un exercice de comparaison.

Comment votre consultation est-elle accueillie par la Place financière ?

Nous avons eu des échanges très développés avec toutes les parties prenantes, émetteurs comme investisseurs. Nous avons clos la consultation le ​lundi 7 mars ​mais nous continuons à recevoir des réponses, ce qui ​confirme la forte implication de l’industrie. Cette intensité dans les échanges est de bon augure, dans un contexte où nous souhaitons plus de transparence.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº735